un entretien sur les relations oecuméniques entre Constantinople et Rome

Publié le par GURSOY Dursun

Alors que le patriarche oecuménique se trouve à Rome, pour la remise des reliques de saint Jean Chrysostome et saint Grégoire de Nazianze, l'agence Zénit a interrogé l'archimandrite Ignace Sotiriadis sur l'état actuel des relations oecuméniques entre Constantinople et Rome.
Extrait du bulletin du 25 novembre 2004 (édition française) de l'agence Zénit (www.zenit.org ).
 
 
CITE DU VATICAN, Jeudi 25 novembre 2004 (ZENIT.org) - L'archimandrite Ignace Sotiriadis, de l'Eglise orthodoxe grecque, expliquait aujourd'hui au micro de Radio Vatican la résonance du geste de la remise des reliques et évoquait la marche vers l'unité de l'Eglise.

Samedi prochain, le pape Jean-Paul II remettra, en la basilique Saint-Pierre, au patriarche de Constantinople, Bartholomaios Ier, des reliques des saints Grégoire de Nazianze et Jean Chrysostome conservées jusqu'ici à Rome.

Pour l'archimandrite Sotiriadis, "la signification de cet événement est très grande parce que la remise de ces reliques signifie qu'il se crée un pont de plus entre les Eglises soeurs de Constantinople et de Rome, entre les Eglises catholique et orthodoxe. Alors ce geste de charité et de fraternité suit les grands gestes qui ont marqué l'époque d'après le Concile avec les remises d'autres importantes reliques comme celle de saint André à l'Eglise de Grèce, à l'Eglise locale de Patras, de saint Saba à Jérusalem et de saint Tite à la Crête".

L'archimandrite explique : "Saint Jean Chrysostome est l'exemple d'un apôtre très courageux dans la société. Il parlait avec beaucoup de courage aux empereurs et il critiquait les autorités de son temps et il a ainsi mérité, entre guillemets, l'exil et la mort. Son message pour nous est le devoir d'être actifs dans la société et d'être courageux. En tant que patriarche et archevêque de Constantinople, saint Grégoire de Nazianze est lui aussi l'exemple d'un cour dévoué au Seigneur mais également une personnalité courageuse qui, lorsqu'il fut accusé, n'a pas hésité à quitter sa charge, à l'époque si importante, pour retourner vivre en exil dans son pays natal".

Pour l'avenir du dialogue entre catholiques et orthodoxes, l'archimandrite affirme : "On a besoin d'être sincères. Il y a eu des moments intéressants. On a discuté de tant de choses. Certes, le problème qu'il faut encore surmonter est celui de l'uniatisme. Il faut le surmonter mais on a décidé que le dialogue théologique recommencera après la remise de ces importantes reliques, et, selon mes informations, si je ne me trompe, la reprise de ce dialogue sera annoncé après la fête de saint André. Les discussions commenceront à partir du ministère de Pierre et on examinera ensuite d'autres questions".

Pour aller plus loin, l'archimandrite confie : "Je crois que nos chefs religieux, ecclésiastiques, les supérieurs de nos Eglises ne se sont pas encore mis autour d'une table ronde, et si possible à huis clos, pour discuter du processus de rapprochement des Eglises. Selon moi, les grands gestes ont été accomplis, les photos ont été faites, les cadeaux échangés. Aujourd'hui on a besoin de courage et aussi d'un ocuménisme plus spirituel, c'est-à-dire d'un ocuménisme de base. Maintenant ce sont les peuples, les prêtres, les paroisses, les personnes qui doivent se parler. Il faut devenir amis et parler non en diplomates mais en frères l'un avec l'autre".

"Je dirais, concluait l'archimandrite, que l'unité doit être marquée par ce que disent tous nos théologiens orthodoxes et tous nos historiens, mais aussi les grands théologiens de l'occident, de l'Eglise catholique, comme le cardinal Ratzinger, qui parle d'une unité ou une réunification selon des modèles historiques du premier millénaire".

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Publié dans Théologie

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