Mercredi 22 décembre 2004 3 22 /12 /Déc /2004 00:00

A Sa Sainteté ALEXIS II

Patriarche de Moscou et de toutes les Russies

Tchistyj pereulok, 5

ROSSIJA-119034 Moskva

 

                                                                       11 mai / 27 avril 2003

Dimanche des Saintes Femmes Myrophores

 

 

Votre Sainteté,

En ces temps de la grande et lumineuse fête de la Résurrection de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, je vous adresse, de tout cœur, la salutation pascale “Le Christ est ressuscité !”. Je vous souhaite ainsi qu'à tous les Très Eminents Hiérarques de l'Eglise de Russie, au clergé et aux fidèles, abondance de joie et de grâce en le Seigneur Ressuscité. J'ai été peiné d'apprendre que Votre Sainteté était souffrante, depuis un certain temps déjà, et qu'elle n'avait pas été en mesure, de ce fait, de présider les célébrations liturgiques de Pâques. Je tiens à Vous assurer de ma prière et Vous adresse mes vœux de prompt rétablissement

Par la présente lettre, permettez-moi en premier lieu d’informer personnellement Votre Sainteté de mon élection, par l'Assemblée diocésaine clérico-laïque du 1er mai dernier, au siège archiépiscopal laissé vacant par le décès, le 22 janvier de cette année, de Son Eminence l'Archevêque Serge, de bienheureuse mémoire. Cette élection a été confirmée par le Saint et Sacré Synode du Patriarcat œcuménique, ce dont Sa Toute Sainteté le Patriarche Œcuménique Bartholomée Ier m'a informé, par sa lettre du 3 mai dernier, dans laquelle il m'indiquait également que j'étais nommé Exarque des paroisses de tradition russe en Europe occidentale. Je reçois cette nouvelle charge dans un esprit d'obéissance et de service de l'Eglise, considérant cette affectation, voulue par le plérôme de notre diocèse, comme étant la volonté de Dieu. Je demande Vos prières auprès afin que notre Seigneur Jésus-Christ m'accorde d'être un pasteur digne de la lourde mission qui m'a été confiée et un fidèle dispensateur de la Parole de Sa Vérité. Je souhaite ardemment et je prie le Seigneur que la communion entre nous, Votre Sainteté, et entre l'Eglise de Russie, d'une part, et l'Eglise orthodoxe locale naissant en France et en Europe occidentale, d'autre part, demeure inaltérable.

A ce propos, je tiens à informer Votre Sainteté, que j'ai pris connaissance de la lettre que Votre Sainteté a jugé bon de m'adresser, ainsi qu'aux évêques russes en Europe occidentale, le 1er avril dernier. Le Conseil de l'Archevêché, dont la réunion était prévue de longue date pour le 2 avril, a décidé, à la lecture de cette lettre, d'engager une concertation et de procéder à un échange d'opinions, le plus large possible, afin de donner à Votre Sainteté une réponse reflétant l'appréciation du plérôme de notre diocèse quant à la meilleure manière pour l'Archevêché d'accomplir, ici et maintenant, sa mission de témoignage de l'Evangile du Christ dans les pays où nous avons été appelés à vivre et quant à son avenir au sein de l'orthodoxie universelle, dans le respect des saints canons et de l'ecclésiologie de l'Eglise orthodoxe. Néanmoins, dans l'attente de cette concertation, à laquelle va procéder notre diocèse, permettez-moi de présenter humblement à Votre Sainteté, en mon nom personnel, mes premières réactions à Votre lettre et de vous dire aussi ma surprise quant aux conditions qui ont entouré sa diffusion.

Premièrement, cette lettre n'a apparemment pas fait l'objet d'un examen préalable par Votre Très Saint Synode ; deuxièmement, Son Eminence le métropolite Antoine de Souroge, à qui il est envisagé de confier, en un premier temps, la responsabilité de la nouvelle structure métropolitaine que Vous proposez pour la diaspora russe, n'a pas été préalablement tenu informé de ce projet, comme il me l'a indiqué lui-même oralement et par écrit ; troisièmement, cette initiative est survenue durant la période de veuvage de notre Archevêché, alors que nous n'avions pas encore élu notre Archevêque dirigeant, le seul responsable canoniquement et légalement apte à engager l'examen d'une telle proposition ; quatrièmement, cette initiative de la part de l'Eglise Orthodoxe Russe a été entreprise sans qu'en ait été informé Sa Sainteté le Patriarche Œcuménique, dans la juridiction duquel se trouve notre Archevêché ; cinquièmement, cette lettre aux évêques diocésains est adressée parallèlement aux “paroisses de tradition russe en Europe occidentale”, donnant ainsi l'impression d'une action menée par-dessus ou en marge de l'autorité canonique du ou des évêques responsables de ces paroisses et de leurs structures diocésaines. Enfin, il est surprenant que la lettre de Votre Sainteté fasse référence aux conclusions de notre Commission “Avenir de l'Archevêché”, dont les documents de travail étaient sensés rester, temporairement, à usage interne du Conseil de l'Archevêché et n'ont donc pas été rendus publics ni diffusés, jusqu'à maintenant ; et ce d'autant plus que Votre lettre semble présenter ces “conclusions” comme allant dans le sens d'un rattachement de l'Archevêché au Patriarcat de Moscou, ce qui ne correspond nullement à la réalité, les travaux de ladite Commission n'ayant débouché sur aucune proposition concrète qui aurait pu être faite au nom de la Commission dans son ensemble.

Je ne peux dissimuler à Votre Sainteté que tout cela nous a beaucoup peiné et troublé, nous-même, ainsi que de très nombreux clercs et fidèles, et de nombreuses paroisses. Je le regrette d'autant plus que tous ces éléments ne sauraient favoriser la sérénité du débat et de la concertation auxquels nos instances diocésaines entendent procéder.

Votre Sainteté ne peut ignorer combien nous aimons l'Eglise Orthodoxe Russe, qui est une grande Eglise, dont nous respectons l'autorité, la tradition et le témoignage, et dont nous partageons l'héritage spirituel. Nous avons toujours compati aux souffrances de l'Eglise russe, quand les terribles épreuves des persécutions s'abattaient sur elle, nous nous sommes réjouis avec elle en la voyant renaître à la vie, commencer à se renouveler et à se développer, fidèle à sa mission historique de porter la Parole de Dieu à tous ses enfants spirituels vivant sur son immense territoire canonique et d’y édifier l’Eglise du Christ. Vous savez tout ce que notre Archevêché, dans la mesure de ses humbles et modestes moyens, a fait, par le passé, — et continue à faire aujourd'hui — pour aider l'Eglise Orthodoxe Russe, ses clercs et ses fidèles, soit directement, soit indirectement par le biais de ses clercs, de ses fidèles ou d'organisations qui lui sont proches (publication et diffusion de littérature religieuse, émissions religieuses radiophonique en langue russe, aide matérielle apportée aux paroisses et à des activités de service sociale). Cet engagement de notre part n'était mû par aucune considération politique ou calcul intéressé, mais seulement par notre amour et notre tendresse pour la grande Eglise de Russie et de ses fidèles. C'est précisément pour ces raisons que nous avons été particulièrement attristé, en constatant combien l'initiative de Votre Sainteté a pu semer le trouble et la discorde au sein du petit troupeau qui nous a été confié par le Christ.

Votre Sainteté n’est probablement pas au courant de la manière dont Sa lettre du 1er avril a été relayée ici par divers canaux, qui n’ont pas hésité à recourir à des méthodes résolument peu ecclésiales (pétitions, diffamation, calomnie, menaces, falsification de documents, intimidation par voie para-judiciaire), privilégiant volontiers l’anonymat lors même que les auteurs sont très facilement identifiables. Autant aucune décision ecclésiale majeure ne saurait être prise, comme me l’a écrit Son Eminence le Métropolite Antoine de Souroge, “en écrasant une minorité”, autant une minorité ne saurait, par des actions se situant bien loin de l’éthos évangélique et des normes ecclésiales, refuser l'_expression d'une décision en Eglise, largement consensuelle, pour tout dire conciliaire. Ces actions ne peuvent qu’assombrir l’atmosphère ecclésiale et altérer les relations de communion qui ont été établies il y a huit ans seulement, à l'initiative de l'Archevêque Serge de bienheureuse mémoire, grâce à l'amour paternel et à la sagesse pastorale de Votre Sainteté et avec la bénédiction de Sa Sainteté le Patriarche Œcuménique.

Permettez-moi également, Votre Sainteté, d’évoquer ici l’évolution de notre Archevêché et sa réalité ecclésiale et pastorale aujourd’hui. Il est un fait que la majorité de nos fidèles, nonobstant la venue récente de nombreux immigrés russes en Occident, ne se considèrent pas comme “membres de l'Eglise de Russie”. Depuis plus de 70 ans, notre Archevêché, sous des statuts canoniques différents qui ont pu évoluer avec le temps, se trouve dans la juridiction du Patriarcat de Constantinople. Beaucoup de paroisses fondées par des émigrés russes sont devenues, de fait, pluriethniques et accueillent des orthodoxes de toute origine, de nouvelles paroisses entièrement francophones, néerlandophones ou germanophones sont apparues. Ces paroisses constituent maintenant la majorité des communautés de notre Archevêché, à côté des anciennes paroisses d'origine russe qui restent attachées, tout comme nous le sommes, à l'usage du slavon d'église dans leurs célébrations liturgiques. Par notre réalité pastorale, sociologique, linguistique et culturelle, et par les perspectives qui sont les nôtres, aujourd'hui, en France et en Occident, nous sommes devenus une entité orthodoxe locale (mestnaïa), qui est en communion avec l'Eglise de Russie — ce qui n'était pas le cas il y a encore peu de temps, et ce dont nous nous réjouissons —, tout comme nous sommes en communion avec toutes les autres Eglises orthodoxes locales (pomestnye) qui, de facto, ont maintenant juridiction ici. Votre Sainteté sait mieux que ma modeste personne qu'il y a deux façons de voir l'application de l'ecclésiologie orthodoxe : la première, “classique” peut-être, mais assez récente tout de même, veut que les patriarcats s'entendent directement entre eux, traitant l'un avec l'autre, voire même à l’échelle panorthodoxe, mais toujours entre autocéphalies déjà existantes, de l'organisation des entités territoriales nouvelles, qui posent problème à la conscience orthodoxe et affectent gravement l'unité de l'Eglise, et veulent leur accorder un statut canonique qu’elles auraient élaboré à leur intention ; la seconde approche, qui s’inscrit elle aussi dans le processus préconciliaire panorthodoxe et puise ses sources dans les fondements mêmes de notre ecclésiologie, part de la réalité ecclésiale telle qu’elle est vécue concrètement et aspire à lui donner un cadre canonique adéquat, qui soit reçu par l’ensemble de l’Orthodoxie.

Le problème de la “diaspora” en Europe occidentale ne se limite pas à notre Archevêché, ni aux diocèses d'origine ou de tradition russe. Nous vivons d'ores et déjà ici une relation forte de communion et de coopération avec les diocèses relevant d'autres Eglises autocéphales. La création d'une Assemblée des Evêques Orthodoxes de France se veut une première étape et la promesse d'une future Eglise locale dans ce pays. D'autres initiatives allant dans ce sens se mettent lentement en place dans d'autres pays voisins. La recherche de l'unité doit se faire dans la sincérité, le respect et la compréhension de l'autre. Il est d'une importance capitale que nous réalisions une complète unité liturgique et sacramentelle qui implique une unité ecclésiologique “afin que soient glorifiés le Père et le Fils et le Saint Esprit” et qui fait de nous une Eglise une dans le Christ, apte à accomplir sa mission dans le monde et “pour la vie du monde”.

Votre Sainteté comprendra que j’ai laissé ici parler ma conscience en toute franchise. Je regrette beaucoup le contexte dans lequel nous est parvenue Votre lettre. Mais, malgré toutes les difficultés qu'elle a pu susciter ici et que je Vous ai décrites, en ce qui me concerne, je réaffirme que, parmi les priorités qui m'incombent, j'entends engager, dans les meilleurs délais, une vaste concertation sur la façon dont mon diocèse souhaite régler sa situation ecclésiale face à Votre initiative. Ce que je poursuis avant tout, c’est le maintien de la paix et de l’unité entre nous, et le maintien de l’unité du diocèse, qui est essentielle à mes yeux. C’est dans cet esprit que j’entends voir s’engager la réflexion et la concertation au sein de l’Archevêché, dans une démarche qui devra être proprement ecclésiale. Ainsi, le moment venu, je pourrai vous faire part de la suite que le plérôme de notre diocèse aura choisi de donner à votre lettre. La réponse que nous voulons vous donner sera fondée sur la Vérité et n’aura en vue que le bien de l'Eglise, et cela uniquement dans une perspective ecclésiologique, en dehors de toute interférence politique ou ethnophylétique.

Ma deuxième préoccupation est la préservation de l'unité du diocèse. Témoigner de l'unité de l'Eglise orthodoxe, manifestée de manière concrète sur chaque territoire où le Christ nous a appelés à vivre, pour moi en tant qu'évêque, c’est un devoir sacré. Aussi, j'espère que la réponse qui vous sera apportée sera une réponse consensuelle, car quelle que soit la solution retenue, elle ne doit pas se faire aux dépens de l’unité et se solder par une quelconque scission, ce que comprend très bien Son Eminence le Métropolite Antoine qui m'écrit que rien ne devait être fait sous la contrainte et qu'il fallait prendre tout le temps nécessaire. Tout doit être fait “d'une seule voix et d'un seul cœur”, dans l'amour de la Vérité et le respect du don de la liberté que nous avons reçu de Dieu, l'essentiel étant pour moi l'unité du témoignage orthodoxe en Europe occidentale, pour lequel Votre Sainteté, avec la sagesse pastorale qui Vous caractérise, montre elle aussi un souci particulier, et que nous partageons pleinement.

            En demandant Vos saintes prières pour moi-même et pour le troupeau que le Seigneur a bien voulu me confier, j'assure Votre Sainteté de mon fidèle amour en Christ.

 

 

 

 

 Gabriel, Archevêque de Comane

Exarque du Patriarche Œcuménique

 

Par GURSOY Dursun - Publié dans : Nouvelles de l ' Archévèché
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Le saint-protecteur de notre paroisse est fêté le 6 décembre, mémoire de notre Père dans les Saints, NICOLAS, Archevêque de MYRE, le Thaumaturge

Emule des Apôtres et fervent imitateur de notre Seigneur JésusChrist, colonne vivante de l'Eglise par son zèle à défendre la foi et modèle des Saints Hiérarques par son soin pastoral, notre Saint Père Nicolas s'est montré généreux intendant de la grâce de Dieu par ses innombrables miracles en faveur des pauvres, des délaissés, de ceux qui souffrent l'injustice et de tous ceux qui, jusqu'à aujourd'hui, réclament sa paternelle protection. Il vit le jour dans la ville de Patare, en Lycie, vers la fin du troisième siècle, dans une famille chrétienne longtemps privée de progéniture. Dès sa plus tendre enfance, il montra son amour pour la vertu et son zèle dans l'observances des institutions de l'Eglise, en s'abstenant de prendre le sein de sa nourrice jusqu'au soir, chaque mercredi et vendredi. Pieux et réservé, il fut éduqué dans les lettres sacrées et, tout jeune encore, fut ordonné Prêtre par son oncle, l'Archevêque Nicolas. Veilles, jeûnes, prières étaient des vertus dans lesquelles le jeune Clerc excellait depuis longtemps; mais, lorsqu'à la mort de ses parents il distribua généreusement ses biens aux nécessiteux, l'aumône devint pour lui son plus grand titre de gloire devant Dieu. Il se considérait comme le simple économe des biens qui appartenaient aux pauvres, et mettait un soin tout particulier à garder secrètes ses bonnes actions afin de ne pas être privé des récompenses célestes (cf. Mat. 6:3). C'est ainsi qu'il sauva de l'infamie trois jeunes filles que leur père, acculé par les dettes, voulait livrer à la prostitution, en déposant secrètement, à trois reprises, suffisamment d'or pour les marier. Finalement découvert par leur père, Nicolas fit promettre à celui-ci, sous peine d'éternelle malédiction, de ne révéler à personne son bienfait.

En retour, Dieu le fit briller devant les hommes par ses charismes et ses Miracles. En route pour un pèlerinage aux Lieux Saints, il apaisa à deux reprises, par sa prière, la tempête qui mettait en péril le navire sur lequel il s'était embarqué.

A son retour, au milieu de l'allégresse populaire, il fut bientôt désigné comme Evêque de la ville voisine de Myre, à la suite de l'intervention d'un Ange de Dieu auprès des Evêques réunis en synode pour l'élection. Mis en prison pendant la grande et dernière persécution de Dioclétien et Maximien (305), le saint pasteur ne cessait pas de confirmer ses brebis spirituelles dans la foi; et, la paix de l'Eglise ayant été proclamée lors de l'avènement de Constantin, il montra un zèle ardent pour détruire les temples des idoles et en chasser les démons. L'hérésie impie dArius ne tarda pas cependant à troubler et à diviser le Saint Corps du Christ, mais elle trouva encore Saint Nicolas au premier rang des champions de l'Orthodoxie, parmi les Pères réunis pour le premier Concile OEcuménique de Nicée, en 325.

Après avoir sauvé la ville de Myre de la famine, en apparaissant au capitaine d'un bateau chargé de blé, cet homme de Dieu sauva de la mort trois officiers romains, injustement accusés de complot, en apparaissant en songe à l'empereur Constantin et au perfide préfet Avlavius. Une fois délivrés, les trois militaires, pleins de reconnaissance envers le Saint, devinrent moines.

Encore à de nombreuses reprises, tant pendant sa vie qu'après sa mort, Saint Nicolas est miraculeusement intervenu pour protéger des navires en détresse et ceux qui voyagent par mer, cest pourquoi on le vénère comme le protecteur des navigateurs. C'est ainsi qu'il apparut un jour à la barre d'un navire en perdition dans une tempête et le conduisit à bon port, au qu'une autre fois, il vint au secours d'un voyageur passé par-dessus bord et qui, au cri de: «Saint Nicolas, viens à mon secours!», se retrouva soudain dans sa demeure entouré des siens ébahis.

Pendant de longues années le Saint Evêque fut pour ses fidèles comme une présence du Christ, l'Ami des hommes et le Bon Pasteur, il n'y avait pas de malheur auquel il ne compatît, pas d'injustice qu'il ne redressât, pas de discorde qu'il n'apaisât. Il se distinguait partout où il se trouvait par son visage lumineux et l'atmosphère de paix radieuse qui se dégageait de sa personne. Lorsqu'après tant de bienfaits, il s'endormit dans la mort pour gagner le Royaume des cieux, les hommes se lamentèrent d'avoir perdu leur pasteur et leur providence, mais les Anges et les Saints exultèrent de joie en recevant parmi eux le doux Nicolas. Ses Saintes Reliques furent déposées à Myre, dans une église construite en l'honneur du Saint, et recevaient chaque année l'hommage d'un grand nombre de pèlerins. Le diable, ne pouvant supporter cette gloire posthume, prit un jour la forme d'une pauvre vieille femme qui, sous prétexte de ne pouvoir entreprendre une si longue traversée, confia à des pèlerins en partance pour Myre une jarre d'huile destinée à alimenter les veilleuses qui brûlaient perpétuellement devant le tombeau du Saint; mais, en chemin, Nicolas apparut au capitaine du navire et lui donna l'ordre de jeter cette huile magique à la mer. Aussitôt fait, la surface des eaux s'embrasa dans un grand remous, à l'effroi des passagers qui rendirent grâce à Dieu d'avoir, par l'intermédiaire de son Saint, sauvé le Sanctuaire.

En 1087, Myre étant tombée sous le pouvoir des Sarrasins, les troupes italo-normandes de la Première Croisade s'emparèrent des Saints ossements et les transférèrent à Bari, en Italie du sud, en provoquant un grand nombre de Miracles partout où elles passaient (commémoration le 9 mai). C'est là que, depuis, elles sont vénérées.

Saint Nicolas est, avec Saint Georges, l'un des Saints les plus chers au peuple chrétien, tant en Orient qu'en Occident. Innombrables sont les églises qui lui sont consacrées, les fidèles ou les lieux qui ont pris son nom. Particulièrement révéré par le peuple russe comme protecteur des récoltes, il est considéré en Occident comme le patron des enfants et des écoliers, car, selon la légende, il aurait ressuscité trois enfants hachés menu par un cruel boucher qui voulait les mêler à son pâté.

 

http://www.monastere-orthodoxe.fr/

 

Texte libre

croix russe: icône de la Crucifixion du Seigneur
Iconographie de la crucifixion:

On remarque au premier regard, que cette croix est russe, en raison de la barre transversale inférieure très inclinée. Cette inclinaison est là pour nous rappeler que
"la Croix est balance de justice", comme le précisent les textes liturgiques.

Au sommet, est généralement représenté, soit Dieu le Père (une des seules icônes où sa représentation est permise), soit
le Christ Mandylion
, sur lequel est imprimée la Sainte Face.
La scène est également généralement surmontée d'anges ou de chérubins, les mains voilées en signe de respect, êtres angéliques chargés d'élever vers Dieu l'hymne sacré.

Le Christ est fixé sur la Croix par quatre clous (et non trois, ainsi qu'il est presque toujours représenté sur les croix occidentales)
L'inscription signifie "Roi de gloire".
Le Christ incline sa tête auréolée de lumière. Les lettres grecques sur le nimbe signifient "Celui qui est"
Son corps est légèrement penché vers la droite, mais respectant la tradition byzantine, les croix orthodoxes de la Crucifixion ne représentent pas le Christ dans les souffrances de l'agonie ou avec les marques de la Passion.

Le Christ présente toujours sur les croix orthodoxes une noblesse royale: il est la victime volontaire, le Vainqueur qui s'est offert pour nous à son Père

Deux roseaux terminés, l'un par une pointe, l'autre par une éponge, s'élèvent le long de la partie verticale de la Croix et nous rappellent les derniers moments de la Passion.

Sur la partie inférieure de la Croix, (ou sur la barre inférieure de la Croix), est représentée l'ancienne Jérusalem déchue, avec le voile du Temple déchiré; à l'opposé s'élève la Jérusalem nouvelle.

Au pied de la Croix, à l'endroit où la croix s'enfonce dans le sol, on aperçoit le crâne traditionnellement considéré comme celui d'Adam, et qui symbolise l'humanité déchue par le péché et rachetée par le sacrifice du Christ.
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