Samedi 18 décembre 2004 6 18 /12 /Déc /2004 00:00

Dimanche 19 décembre 2004 : dimanche avant Noël ; des Pères et de la Généalogie du Christ.

 

Tropaire de la Résurrection en ton 4 : Recevant de l’ange la joyeuse nouvelle de la Résurrection de leur Seigneur+ et détournant l’ancestrale condamnation,/ les saintes Femmes se firent gloire d’annoncer aux apôtres:// le Christ a triomphé de la mort !/ Il est ressuscité, notre Dieu, pour donner au monde la grâce du salut.//

Tropaire des Pères en ton 2 : Combien sublimes les entreprises de la foi !+ Les trois Jeunes Gens exultaient dans la fournaise comme dans les eaux du repos ;/ et le prophète Daniel dans la fosse avec les lions semblait le pâtre du troupeau. Par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu !//

Tropaire de l’avant-fête de Noël en ton 4 : Prépare-toi, Bethléem:/ pour tout homme s’ouvre l’Eden !// Pare-toi, Ephrata:/ en la grotte la Vierge fait fleurir l’Arbre de vie !// Son propre sein devient le mystique Paradis où pousse l’Arbre divin+ dont ceux qui en mangent vivront au lieu d’en mourir comme Adam:/ le Christ vient au monde pour relever son image déchue !//

 

Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit,

 

Kondakion des Pères en ton 6 : Jeunes gens trois fois heureux,+ vous n’avez pas vénéré l’image faite de main d’homme ;/ mais, fortifiés par l’ineffable présence de Dieu, dans la fournaise de feu vous l’avez glorifié.// Au milieu de la flamme irrésistible vous tenant,+ vous avez invoqué le vrai Dieu:/ Hâte-toi de venir à notre aide, Seigneur, en ta miséricorde et on amour, car tout ce que Tu veux, Tu le fais.//

 

et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles : Amen !

 

Kondakion de l’avant-fête de Noël en ton 1 : Réjouis-toi, Bethléem !+ Ephrata, prépare-toi !/ Voici que la Brebis s’empresse d’enfanter le suprême Pasteur qu’elle porte dans son sein.// A cette vue les Pères porteurs-de-Dieu sont dans la joie/ et chantent avec les bergers la Vierge nourrissant le Créateur de son lait.//

 

Prokimenon du ton 4 : Béni es-Tu, Seigneur, Dieu de nos Pères ! A ton Nom louange et gloire éternellement ! V/ : Car Tu es juste en tout ce que Tu as fait pour nous ; toutes tes œuvres sont vérité.

 

Epître : Hébreux 11, 9-10, 32-40. Frères, c'est par la foi qu'Abraham vint s'établir dans la terre promise comme dans une terre étrangère, habitant sous des tentes, ainsi qu'Isaac et Jacob, les cohéritiers de la même promesse. Car il attendait la cité qui a de solides fondements, celle dont Dieu est l'architecte et le constructeur. Et que dirai-je encore? Car le temps me manquerait pour parler de Gédéon, de Barak, de Samson, de Jephthé, de David, de Samuel, et des prophètes, qui, par la foi, vainquirent des royaumes, exercèrent la justice, obtinrent des promesses, fermèrent la gueule des lions, éteignirent la puissance du feu, échappèrent au tranchant de l'épée, tirèrent force de leurs faiblesses, furent vaillants au combat, mirent en fuite des armées étrangères. Par la foi, certains ont ressuscité pour des femmes recouvrèrent leur enfant mort; d'autres se sont laissé torturer, refusant leur délivrance, afin d'obtenir une meilleure résurrection; d'autres subirent les moqueries et les coups de fouet, en plus des chaînes et de la prison; ils furent lapidés, sciés, torturés, ils moururent tués par l'épée. Ou bien ils durent aller çà et là vêtus de peaux de brebis et de peaux de chèvres, dénués de tout, persécutés, maltraités, eux dont le monde n'était pas digne, errants dans les déserts et les montagnes, dans les cavernes et les trous de la terre. Tous ceux-là, à la foi desquels il a été rendu témoignage, n'ont pas obtenu ce qui leur était promis, Dieu ayant en vue un état meilleur pour nous, afin qu'ils ne puissent pas sans nous parvenir à la perfection.

 

Alléluia en ton 4 : O Dieu, nous avons entendu de nos oreilles, nos pères nous ont raconté l’ouvrage que Tu fis en leur temps, aux jours d’autrefois. - Les justes crient, le Seigneur les écoute et de toutes leurs angoisses Il les délivre.

 

Evangile: Matthieu1,1-25. Généalogie de Jésus Christ, fils de David, fils d'Abraham. Abraham engendra Isaac; Isaac engendra Jacob; Jacob engendra Juda et ses frères; Juda engendra de Thamar Pharès et Zara; Pharès engendra Esrom; Esrom engendra Aram; Aram engendra Aminadab; Aminadab engendra Naasson; Naasson engendra Salmon; Salmon engendra Boaz de Rahab; Boaz engendra Obed de Ruth; Obed engendra Isaï; Isaï engendra David. Le roi David engendra Salomon de la femme d'Urie; Salomon engendra Roboam; Roboam engendra Abia; Abia engendra Asa; Asa engendra Josaphat; Josaphat engendra Joram; Joram engendra Ozias; Ozias engendra Joatham; Joatham engendra Achaz; Achaz engendra Ézéchias; Ézéchias engendra Manassé; Manassé engendra Amon; Amon engendra Josias; Josias engendra Jéchonias et ses frères, au temps de la déportation à Babylone. Après la déportation à Babylone, Jéchonias engendra Salathiel; Salathiel engendra Zorobabel; Zorobabel engendra Abiud; Abiud engendra Éliakim; Éliakim engendra Azor; Azor engendra Sadok; Sadok engendra Achim; Achim engendra Éliud; Éliud engendra Éléazar; Éléazar engendra Matthan; Matthan engendra Jacob; Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie, de laquelle est né Jésus, qui est appelé Christ.

Il y a donc en tout quatorze générations depuis Abraham jusqu'à David, quatorze générations depuis David jusqu'à la déportation à Babylone, et quatorze générations depuis la déportation à Babylone jusqu'au Christ.

Voici comment eut lieu la naissance du Christ. Marie, sa mère, était fiancée à Joseph et se trouva enceinte, par la grâce du saint Esprit, avant qu'ils n’aient habité ensemble. Joseph, son futur époux, qui était un homme de bien et qui ne voulait pas la diffamer, se proposa de rompre secrètement avec elle. Comme il y pensait, voici qu’un ange du Seigneur lui apparut en songe, et dit: « Joseph, fils de David, n’aie pas peur de prendre chez toi Marie, ton épouse, car l'enfant qu'elle a conçu vient du saint Esprit ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus; c'est lui en effet qui sauvera son peuple de ses péchés. » Tout cela arriva pour que s'accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète: « Voici que la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, auquel on donnera le nom d'Emmanuel, ce qui signifie : Dieu avec nous. » Eveillé de son sommeil, Joseph fit ce que l'ange du Seigneur lui avait ordonné, et il prit son épouse chez lui. Et, sans qu’il l’eût connue, elle enfanta son fils premier-né, auquel il donna le nom de Jésus.

 

Chant de communion du dimanche (« Louez… ») et des saints Ancêtres :

« Justes, réjouissez-vous dans le Seigneur ! Aux cœurs droits convient la louange : Alléluia ! »

 

Pour la catéchèse : l’identité de Jésus. Le thème de ce jour : l’hérédité humaine (remontant à Abraham) et divine (conception du saint Esprit) de Jésus. Nous le glorifions en deux natures, Homme parfait et Dieu parfait. On insistera sur le sens des noms du Christ („Celui que Dieu envoie par l’Onction”) : Jésus („Dieu-sauve”), Emmanuel („Dieu-avec-nous”) ; on rappellera qu’Il est le Fils unique de Dieu – d’où le contenu dogmatique de la prière « Seigneur (= Dieu) Jésus-Christ Fils de Dieu, aie pitié de nous ! » C’est pourquoi sa mère, la Vierge Marie, est appelée Mère de Dieu (« Très sainte Mère de Dieu, sauve-nous ! »).

 

Réalisé par le père Marc-Antoine Costa de Beauregard ( marcantoine.costa@neuf.fr ).

Par GURSOY Dursun - Publié dans : Annonces
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Samedi 18 décembre 2004 6 18 /12 /Déc /2004 00:00

Archevêché des églises orthodoxes russes
en Europe Occidentale
Exarchat du Patriarcat Œcuménique

Archevêque Gabriel

 

 

 

A Sa Sainteté ALEXIS II
Patriarche de Moscou et de toutes les Russies
Tchistyj pereulok, 5
ROSSIJA-119034 Moskva

11 mai/27 avril 2003
Dimanche des Saintes Femmes Myrophores

Votre Sainteté,

  En ces temps de la grande de et lumineuse fête de la Résurrection de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, je vous adresse, de tout cœur, la salutation pascale "Le Christ est ressuscité !". Je vous souhaite ainsi qu'à tous les Très Eminents Hiérarques de l'Eglise de Russie, au clergé et aux fidèles, abondance de joie et de grâce en le Seigneur Ressuscité. J]ai été peiné d'apprendre que Votre Sainteté était souffrante, depuis un certain temps déjà, et qu'elle n'avait pas été en mesure, de ce fait, de présider les célébrations liturgiques de Pâques. Je tiens à Vous assurer de ma prière et Vous adresse mes vœux de prompt rétablissement
Par la présente lettre, permettez-moi en premier lieu d'informer personnellement Votre Sainteté de mon élection, par l'Assemblée diocésaine clérico-laïque du 1er mai dernier, au siège archiépiscopal laissé vacant par le décès, le 22 janvier de cette année, de Son Eminence l'Archevêque Serge, de bienheureuse mémoire. Cette élection a été confirmée par le Saint et Sacré Synode du Patriarcat œcuménique, ce dont Sa Toute Sainteté le Patriarche Œcuménique Bartholomée Ier   m'a informé, par sa lettre du 3 mai dernier, dans laquelle il m'indiquait également que j'étais nommé Exarque des paroisses de tradition russe en Europe occidentale. Je reçois cette nouvelle charge dans un esprit d'obéissance et de service de l'Eglise, considérant cette affectation, voulue par le plérôme de notre diocèse, comme étant la volonté de Dieu. Je demande Vos prières auprès afin que notre Seigneur Jésus-Christ m'accorde d'être un pasteur digne de la lourde mission qui m'a été confiée et un fidèle dispensateur de la Parole de Sa Vérité. Je souhaite ardemment et je prie le Seigneur que la communion entre nous, Votre Sainteté, et entre l'Eglise de Russie, d'une part, et l'Eglise orthodoxe locale naissant en France et en Europe occidentale, d'autre part, demeure inaltérable.

A ce propos, je tiens à informer Votre Sainteté, que j'ai pris connaissance de la lettre que Votre Sainteté a jugé bon de m'adresser, ainsi qu'aux évêques russes en Europe occidentale, le 1er avril dernier. Le Conseil de l'Archevêché, dont la réunion était prévue de longue date pour le 2 avril, a décidé, à la lecture de cette lettre, d'engager une concertation et de procéder à un échange d'opinions, la plus large possible, afin de donner à Votre Sainteté une réponse reflétant l'appréciation du plérôme de notre diocèse quant à la meilleure manière pour l'Archevêché d'accomplir, ici et maintenant, sa mission de témoignage de l'Evangile du Christ dans les pays où nous aurons été appelés à vivre et quant à son avenir au sein de l'orthodoxie universelle, dans le respect des saints canons et de l'ecclésiologie de l'Eglise orthodoxe. Néanmoins, dans l'attente de cette concertation, à laquelle va procéder notre diocèse, permettez-moi de présenter humblement à Votre Sainteté, en mon nom personnel, mes premières réactions à Votre lettre et de vous dire aussi ma surprise quant aux conditions qui ont entouré sa diffusion.

  Premièrement, cette lettre n'a apparemment pas fait l'objet d'un examen préalable par Votre Très Saint Synode ; deuxièmement, Son Eminence le métropolite Antoine de Souroge, à qui il est envisagé de confier, en un premier temps, la responsabilité de la nouvelle structure métropolitaine que Vous proposez pour la diaspora russe, n'a pas été préalablement tenu informé de ce projet, comme il me l'a indiqué lui-même oralement et par écrit ; troisièmement, cette initiative est survenue durant la période de veuvage de notre Archevêché, alors que nous n'avions pas encore élu notre Archevêque dirigeant, le seul responsable canoniquement et légalement apte à engager l'examen d'une telle proposition ; quatrièmement, cette initiative de la part de l'Eglise Orthodoxe Russe a été entreprise sans qu'en ait été informé Sa Sainteté le Patriarche Œcuménique, dans la juridiction duquel se trouve notre Archevêché ; cinquièmement, cette lettre aux évêques diocésains est adressée parallèlement aux "paroisses de tradition russe en Europe occidentale", donnant ainsi l'impression d'une action menée par-dessus ou en marge de l'autorité canonique du ou des évêques responsables de ces paroisses et de leurs structures diocésaines. Enfin, il est surprenant que la lettre de Votre Sainteté fasse référence aux conclusions de notre Commission "Avenir de l'Archevêché", dont les documents de travail étaient sensés rester, temporairement, à usage interne du Conseil de l'Archevêché et n'ont donc pas été rendus publics ni diffusés, jusqu'à maintenant; et ce d'autant plus que Votre lettre semble présenter ces "conclusions" comme allant dans le sens d'un rattachement de l'Archevêché au Patriarcat de Moscou, ce qui ne correspond nullement à la réalité, les travaux de ladite Commission n'ayant débouché sur aucune proposition concrète qui aurait pu être faite au nom de la Commission dans son ensemble.

  Je ne peux dissimuler à Votre Sainteté que tout cela nous a beaucoup peiné et troublé, nous-même, ainsi que de très nombreux clercs et fidèles, et de nombreuses paroisses. Je le regrette d'autant plus que tous ces éléments ne sauraient favoriser la sérénité du débat et de la concertation auxquels nos instances diocésaines entendent procéder.

  Votre Sainteté ne peut ignorer combien nous aimons l'Eglise Orthodoxe Russe, qui est une grande Eglise, dont nous respectons l'autorité, la tradition et le témoignage, et dont nous partageons l'héritage spirituel. Nous avons toujours compati aux souffrances de l'Eglise russe, quand les terribles épreuves des persécutions s'abattaient sur elle, nous nous sommes réjouis avec elle en la voyant renaître à la vie, commencer à se renouveler et à se développer, fidèle à sa mission historique de porter la Parole de Dieu à tous ses enfants spirituels vivant sur son immense territoire canonique et d'y édifier l'Eglise du Christ Vous savez tout ce que notre Archevêché, dans la mesure de ses humbles et modestes moyens, a fait, par le passé, — et continue à faire aujourd'hui — pour aider l'Eglise Orthodoxe Russe, ses clercs et ses fidèles, soit directement, soit indirectement par le biais de ses clercs, de ses fidèles ou d'organisations qui lui sont proches (publication et diffusion de littérature religieuse, émissions religieuses radiophonique en langue russe, aide matérielle apportée aux paroisses et à des activités de service sociale). Cet engagement de notre part n'était mû par aucune considération politique ou calcul intéressé, mais seulement par notre amour et notre tendresse pour la grande Eglise de Russie et de ses fidèles. C'est précisément pour ces raisons que nous avons été particulièrement attristé, en constatant combien l'initiative de Votre Sainteté a pu semer le trouble et la discorde au sein du petit troupeau qui cous a été confié par le Christ

  Votre Sainteté n'est probablement pas au courant de la manière dont Sa lettre du 1er avril a été relayée ici par divers canaux, qui n'ont pas hésité à recourir à des méthodes résolument peu ecclésiales (pétitions, diffamation, calomnie, menaces, falsification de documents, intimidation par voie para-judiciaire), privilégiant volontiers l'anonymat lors même que les auteurs sont très facilement identifiables. Autant aucune décision ecclésiale majeure ne saurait être prise, comme me l'a écrit Son Eminence le Métropolite Antoine de Souroge, "en écrasant une minorité", autant une minorité ne saurait, par des actions se situant bien loin de l’éthos évangélique et des normes ecclésiales, refuser l'expression d'une décision en Eglise, largement consensuelle, pour tout dire conciliaire. Ces actions ne peuvent qu'assombrir l'atmosphère ecclésiale et altérer les relations de communion qui ont été établies il y a huit ans seulement, à l'initiative de l'Archevêque Serge de bienheureuse mémoire, grâce à l'amour paternel et à la sagesse pastorale de Votre Sainteté et avec la bénédiction de Sa Sainteté le Patriarche Œcuménique.

Permettez-moi également, Votre Sainteté, d'évoquer ici l'évolution de notre Archevêché et sa réalité ecclésiale et pastorale aujourd'hui II est un fait que la majorité de nos fidèles, nonobstant la venue récente de nombreux immigrés russes en Occident, ne se considèrent pas comme "membres de l'Eglise de Russie". Depuis plus de 70 ans, notre Archevêché, sous des statuts canoniques différents qui ont pu évoluer avec le temps, se trouve dans la juridiction du Patriarcat de Constantinople. Beaucoup de paroisses fondées par des émigrés russes sont devenues, de fait, pluriethniques et accueillent des orthodoxes de toute origine, de nouvelles paroisses entièrement francophones, néerlandophones ou germanophones sont apparues. Ces paroisses constituent maintenant la majorité des communautés de notre Archevêché, à côté des anciennes paroisses d'origine russe qui restent attachées, tout comme nous le sommes, à l'usage du slavon d'église dans leurs célébrations liturgiques. Par notre réalité pastorale, sociologique, linguistique et culturelle, et par les perspectives qui sont les nôtres, aujourd'hui, en France et en Occident, nous sommes devenus une entité orthodoxe locale (mestnaïa), qui est en communion avec l'Eglise de Russie – ce qui n'était pas le cas il y a encore peu de temps, et ce dont nous nous réjouissons —, tout comme nous sommes en communion avec toutes les autres Églises orthodoxes locales (pomestnye) qui, de facto, ont maintenant juridiction ici. Votre Sainteté sait mieux que ma modeste personne qu'il y a deux façons de voir l'application de l'ecclésiologie orthodoxe : la première, "classique" peut-être, mais assez récente tout de même, veut que les patriarcats s'entendent directement entre eux, traitant l'un avec l'autre, voire même à l'échelle panorthodoxe, mais toujours entre autocéphalies déjà existantes, de l'organisation des entités territoriales nouvelles, qui posent problème à la conscience orthodoxe et affectent gravement l'unité de l'Eglise, et veulent leur accorder un statut canonique qu'elles auraient élaboré à leur intention ; la seconde approche, qui s'inscrit elle aussi dans le processus préconciliaire panorthodoxe et puise ses sources dans les fondements mêmes de notre ecclésiologie, part de la réalité ecclésiale telle qu'elle est vécue concrètement et aspire à lui donner un cadre canonique adéquat, qui soit reçu par l'ensemble de l'Orthodoxie.

  Le problème de la "diaspora" en Europe occidentale ne se limite pas à notre Archevêché, ni aux diocèses d'origine ou de tradition russe. Nous vivons d'ores et déjà ici une relation forte de communion et de coopération avec les diocèses relevant d'autres Eglises autocéphales. La création d'une Assemblée des Évêques Orthodoxes de France se veut une première étape et la promesse d'une future Eglise locale dans ce pays. D'autres initiatives allant dans ce sens se mettent lentement en place dans d'autres pays voisins. La recherche de l'unité doit se faire dans la sincérité, le respect et la compréhension de l'autre. Il est d'une importance capitale que nous réalisions une complète unité liturgique et sacramentelle qui implique une unité ecclésiologique "afin que soient glorifiés le Père et le Fils et le Saint Esprit" et qui fait de nous une Eglise une dans le Christ, apte à accomplir sa mission dans le monde et "pour la vie du monde".

  Votre Sainteté comprendra que j'ai laissé ici parler ma conscience en toute franchise. Je regrette beaucoup le contexte dans lequel nous est parvenue Votre lettre. Mais, malgré toutes les difficultés qu'elle a pu susciter ici et que je Vous ai décrites, en ce qui me concerne, je réaffirme que, parmi les priorités qui m'incombent j'entends engager, dans les meilleurs délais, une vaste concertation sur la façon dont mon diocèse souhaite régler sa situation ecclésiale face à Votre initiative. Ce que je poursuis avant tout, c'est le maintien de la paix et de l'unité entre nous, et le maintien de l'unité du diocèse, qui est essentielle à mes yeux. C'est dans cet esprit que j'entends voir s'engager la réflexion et la concertation au sein de l'Archevêché, dans une démarche qui devra être proprement ecclésiale. Ainsi, le moment venu, je pourrais vous faire part de la suite que le plérôme de notre diocèse aura choisi de donner à votre lettre. La réponse que nous voulons vous donner sera fondée sur la Vérité et n'aura en vue que le bien de l'Eglise, et cela uniquement dans une perspective ecclésiologique, en dehors de toute interférence politique ou ethnophylétique..1

  Ma deuxième préoccupation est la préservation de l'unité du diocèse. Témoigner de l'unité de l'Eglise orthodoxe, manifestée de manière concrète sur chaque territoire où le Christ nous a appelés à vivre, pour moi en tant qu'évêque, c'est un devoir sacré. Aussi, j'espère que la réponse qui vous sera apportée sera une réponse consensuelle, car quelle que soit la solution retenue, elle ne doit pas se faire aux dépens de l'unité et se solder par une quelconque scission, ce que comprend très bien Son Eminence le Métropolite Antoine qui m'écrit que rien ne devait être fait sous la contrainte et qu'il fallait prendre tout le temps nécessaire; Tout doit être fait "d'une seule voix et d'un seul cœur", dans l'amour de la Vérité et le respect du don de la liberté que nous avons reçu de Dieu, l'essentiel étant pour moi l'unité du témoignage orthodoxe en Europe occidentale, pour lequel Votre Sainteté, avec la sagesse pastorale qui Vous caractérise, montre elle aussi un souci particulier, et que nous partageons pleinement.

  En demandant Vos saintes prières pour moi-même et pour le troupeau que le Seigneur a bien voulu me confier, j'assure Votre Sainteté de mon fidèle amour en Christ.

Gabriel, Archevêque de Comane
Exarque du Patriarche Œcuménique

Par GURSOY Dursun - Publié dans : Nouvelles de l ' Archévèché
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Samedi 18 décembre 2004 6 18 /12 /Déc /2004 00:00

A Son Eminence,
le Métropolite Antoine de Souroge

A Son Eminence,
l’Archevêque Simon de Bruxelles et de Belgique

A Son Eminence,
l’Archevêque Innokenti de Chersonèse

A Son Excellence,
l’Evêque Gabriel de Comana,
Locum Tenens du Trône Archiépiscopal
des églises orthodoxes russes en Europe Occidentale

A Son Excellence,
l’Evêque Ambroise de Genève et d’Europe Occidentale
(Eglise Russe Hors Frontières)

A toutes les paroisses orthodoxes de tradition russe en Europe Occidentale

Révérendissimes Archipasteurs,
Chers Pères, Frères et Soeurs,

En ces jours saints du grand carême, la réflexion sur le sujet du devenir de l’héritage ecclésial russe et le souci constant des paroisses orthodoxes d’origine et de tradition russe en Europe Occidentale ne nous quittent pas.
Par la grâce de Dieu, la protection de sa Mère, les prières des nouveaux martyrs et des confesseurs de Russie, la vie de l’Eglise dans notre pays se développe maintenant avec succès dans toute sa plénitude. Cependant, il ne convient pas de verser dans un triomphalisme illusoire qui en serait pas d’actualité. Les défauts observables dans l’aspect humain de l’organisation de la sainte Eglise sont encore nombreux. Le Seigneur attend de nous un repentir plus sincère et profond, plus d’abnégation et de meilleurs efforts déployés pour favoriser la conversion et le salut de millions de personnes, bien que baptisées, mais non éduquées dans l’orthodoxie depuis leur enfance. Les faiblesses et les épreuves que l’on peut observer dans la vie de la société ecclésiale de la Patrie s’expliquent en grande partie par des "maladies de croissance". Le réveil printanier après le long et dur hiver de l’athéisme inculqué et forcé ne peut être instantané et sans difficultés.
Le paysage est différent quand nous portons le regard vers l’organisation de la vie ecclésiale de nos compatriotes en diaspora. En premier lieu se pose la question inévitable de la permanence de nos divisions à l’intérieur de l’Eglise russe. Il est clair qu’elles ont été provoquées par la tragédie historique du peuple russe, la terrible fracture de la société résultant de la catastrophe de la Révolution. Le Métropolite Antoine et le Métropolite Euloge légitimaient les écarts de communion plénière avec leur église-mère uniquement pour des motifs d’ordre politique et nuls autres. Ces pasteurs exceptionnels, chacun à sa manière, aimaient la Russie vers laquelle le destin ne leur a pas permis de revenir et croyaient que l’unité ecclésiale se réaliserait pleinement dès que le joug de l’athéisme disparaîtrait de leur pays d’origine. Leurs frères dans l’épiscopat vivant en URSS au temps des terribles persécutions en étaient également persuadés. Il en était de même pour sa Sainteté le Patriarche de Constantinople Photius, quand en 1931, il écrivait que l’obédience de l’exarchat russe au siège de Constantinople ne durerait que "jusqu’à ce que, Dieu aidant, l’unité de la Sainte Eglise soeur de Russie serait rétablie." La même réalité était confirmée par sa sainteté le Patriarche Athénagoras, quand en 1965, il bénissait l’Exarchat des paroisses Russes en Europe Occidentale à revenir au sein de l’Eglise russe.
Il est difficile de douter que le temps du rétablissement de la pleine unité soit arrivé. Nous l’avons déjà écrit dans nos lettres fraternelles à sa Sainteté le Patriarche de Constantinople Bartholomée en septembre de l’année passée, et un an auparavant, aux membres de l’Assemblée épiscopale de l’Eglise Russe Hors Frontières. Aujourd’hui, Nous considérons que l’heure est venue de nous adresser directement aux membres de la diaspora russe en Europe Occidentale et à leurs pasteurs. Quelle est la raison qui fait que, le temps des dures épreuves étant révolu, l’Eglise accomplissant librement son service et alors que la Russie tente de renouer les fils de son histoire, les divisions ecclésiales perdurent, bien que leurs motifs en soient depuis longtemps éliminés? Pourquoi ne répondrions-nous pas aux attentes de nos prédécesseurs et pères dans la foi?
Si l’on excepte les causes dérivant de la faiblesse humaine, il y a des raisons plus profondes et honorables. Les descendants des émigrés de la"première vague" sont aujourd’hui pleinement intégrés dans les pays de leur résidence et ils prennent une part active dans la vie sociale et culturelle de ces pays. Gardant précieusement l’héritage qu’ils ont reçu, beaucoup d’entre eux, porteurs de la tradition russe en Europe Occidentale, désirent garder les formes d’organisation de la vie ecclésiale qui se sont élaborées durant des dizaines d’années. Celles-ci sont différentes de celles de l’Eglise en Russie, bien que fondées sur la même tradition canonique, exprimée dans les règles des saints conciles oecuméniques et provinciaux, des saints Pères et dans les actes et règles énoncés par le Concile de Moscou de 1917-1918. De plus, les paroisses créées par l’émigration russe ainsi que les paroisses locales de tradition russe qui en sont issues, ont acquis un caractère multinational et utilisent largement les langues locales dans les offices liturgiques, ce qui depuis les saints égaux aux apôtres Cyrille et Méthode est un trait caractéristique de la sollicitude pastorale et missionnaire.
Pour garantir le maintien de l’organisation de la vie ecclésiale qu’ils ont choisie, une partie des membres de la diaspora russe et des orthodoxes de souche locale, membres de paroisses vivant selon la tradition russe, expriment le souhait de continuer à vivre dans l’Eglise selon leurs statuts propres. Ceux-ci leurs assureraient l’autonomie interne avec l’élection de l’évêque dirigeant et sa confirmation par le Patriarche et le Saint Synode de l’Eglise Russe. Ces souhaits ont été exprimés en particulier par l’Assemblée diocésaine du diocèse de Souroge et ont été incluses dans le projet de son statut. Ils ont été également largement énoncés dans les conclusions de la commission "Avenir de l’Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe Occidentale", créée il y a deux ans par feu l’Archevêque Serge de bienheureuse mémoire. Un tel ordre des choses est déjà inscrit dans les statuts actuels de l’Archevêché.
Prenant en compte l’ensemble de ces voeux, Nous estimons qu’ils pourraient se réaliser par la création en Europe Occidentale d’une Métropole réunissant plusieurs diocèses et incluant toutes les paroisses, les monastères et les communautés orthodoxes d’origine et de tradition russe qui souhaiteraient la rejoindre. Nous prévoyons d’accorder à cette Métropole les droits de l’Autonomie avec élection du Métropolite par le Concile Métropolitain, composé des évêques, des clercs et des laïcs, selon les statuts qu’il sera nécessaire d’élaborer avec le concours des représentants de toutes les parties de la diaspora orthodoxe d’origine russe présente dans les pays d’Europe Occidentale.
Avant les premières élections, Nous estimons légitime de faire porter l’autorité de la nouvelle Métropole au Métropolite Antoine de Souroge, malgré ses récentes demandes de départ à la retraite. La grande expérience pastorale et l’autorité spirituelle reconnue et respectée de tous seront la garantie de succès dans la nouvelle organisation de l’Eglise Orthodoxe Russe en Europe Occidentale.
Durant la période précédent les élections d’un nouveau Métropolite dirigeant, l’Archevêque de Bruxelles et de Belgique Simon, l’Archevêque de Chersonèse Innokenti, l’Evêque de Comana Gabriel, l’Evêque de Genève et d’Europe Occidentale Ambroise, ainsi que les Evêques de Kerch Anatole, de Serguievo Basile et de Claudiopolis Michel, conservant leurs droits respectifs, seraient appelés à être les proches collaborateurs du Métropolite Antoine.
Au cours de la marche vers l’unité de la diaspora russe, qui doit se réaliser également dans les pays d’Europe Centrale, devront sans doute être invités à participer lors d’une future étape, l’Archevêque de Berlin, d’Allemagne et de Grande Bretagne Marc (Eglise Russe Hors Frontières), l’Archevêque de Kline Longin, l’Archevêque de Berlin et d’Allemagne Théophane, l’Archevêque de Vienne et de Budapest Paul.
Nous fondons notre espoir que la Nouvelle Métropole autonome, qui réunira tous les fidèles de tradition orthodoxe russe des pays d’Europe Occidentale, servira u moment choisi par Dieu, de creuset à l’organisation de la future Eglise orthodoxe Locale multiethnique en Europe Occidentale, construite dans un esprit de conciliarité par tous les fidèles orthodoxes se trouvant dans ces pays.
Avec amour je vous appelle tous, très chers Archipasteurs, pères, frères et soeurs, à oeuvrer à la grande tâche de la guérison des douloureuses plaies qui divisent la diaspora d’origine russe. Que le Seigneur d’amour et de paix bénisse vos efforts.

+ALEXIS
PATRIARCHE DE MOSCOU ET DE TOUTE LA RUSSIE

Par GURSOY Dursun - Publié dans : Nouvelles de l ' Archévèché
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Jeudi 16 décembre 2004 4 16 /12 /Déc /2004 00:00

Bonsoir à tous,

Chacun le sait, depuis le décès de Mgr Serge de bienheureuse mémoire notre archevêché traverse une période de troubles qui sont loin de sŽapaiser. Signe dŽun désarroi croissant chez nos frères et soeurs dans diverses paroisses du diocèse, la lettre ci-dessous évoque une histoire qui secoue la communauté orthodoxe russe de la bonne ville de Biarritz. Notre décision de la rendre publique est mûrement réfléchie, et je la considère pour ma part comme le véritable acte fondateur de notre rubrique « Chronique des événements courants »sur le site internet de l'OLTR ( http://oltr.france-orthodoxe.net/). Le caractère dépassionné de la missive, son approche chronologique et conciliante, nous ont paru justifier cet acte de « glasnost » qui, nous lŽespérons, vous interpellera aussi, chers amis.


La symphonie des coeurs chrétiens ne peut souffrir lŽarbitraire répressif. Et cŽest parce que nous refusons de croire à la mise en place dŽun système coercitif brutal et pervers que nous avons décidé de rendre désormais publics tous les événements qui troublent la vie de notre Eglise, à commencer par ce quŽil faut bien appeler « lŽaffaire de Biarritz ». La « sobornost » orthodoxe ne peut souffrir le secret et lŽintrigue.

Nous sommes lŽEglise, chers frères et soeurs, au même titre que nos prêtres et nos évêques. Animés dŽun esprit de pardon, de paix et de liberté, rendons grâce au Seigneur et prions pour que Son amour infini éclaire nos vies.

Victor Loupan
Membre fondateur de lŽOLTR
Responsable de la communication

*****************************

Son Eminence l'Archevêque GABRIEL

12 rue Daru

75 008 PARIS

Les paroissiens de Biarritz viennent de prendre connaissance de la lettre datée du 8 décembre que vous leur avez envoyée.

Tous les évènements et courriers qui se suivent ces derniers temps nous paraissent incroyables et nous ne comprenons plus qui veut quoi. Aussi sommes nous allés nous renseigner et vous écrivons la chronologie de ces évènements telle qu'elle nous est apparue et telle que nous la vivons à Biarritz.

Il y a quelque temps le secrétaire du Conseil Paroissial a adressé, au nom du Conseil Paroissial, une lettre au recteur , Président de notre association, pour lui demander de porter à l'ordre du jour d'une prochaine Assemblée Générale des modifications de statuts de notre paroisse.

Le 22 novembre dernier une employée de la mairie de Biarritz est venue visiter notre église. Au cours de la visite, effectuée avec l'aide de notre recteur, un morceau de plafond est tombé à leurs pieds. Grâce à Dieu il n'y a pas eu de blessé.

Le 28 novembre après la Divine Liturgie quelques ( trois il semble ) paroissiens ont pris à partie dans l'église et à la surprise de tous notre recteur. Leurs propos , entendus par plusieurs témoins, étaient violents et blessants et se référaient à ce que vous auriez dit à l'un d'entre eux sur le père Georges.

Le 29 novembre le père Georges s'est rendu à la mairie qui l'a informé de la venue prochaine, à l'église, de la Commission de Sécurité afin d'apprécier le problème de la sécurité. Il a saisi aussi l'architecte.

En attendant la mairie a insisté sur le besoin d'informer tous les membres de l'association et de rappeler aux responsables leurs responsabilités.

Le 29 novembre au soir le père Georges aurait reçu votre appel téléphonique au cours duquel vous lui auriez demandé sa démission. Le père Georges a semble t il été complètement perturbé par cette demande dont il n'a pas compris la cause, ce qui se passait et pourquoi vous lui demandiez d'un seul coup de partir au début de l'hiver, avec deux enfants en bas âge et vous a écrit pour vous dire son incompréhension.

Le père Georges déstabilisé par le problème de sécurité et votre demande aurait alors pris la décision de convoquer une Assemblée Générale Extraordinaire de la paroisse.

Le 3 décembre le père Georges a reçu votre lettre du 1° décembre dans laquelle vous justifiez votre demande de démission par son état de santé. Apparemment surpris d'apprendre cette raison le père Georges s'est rendu auprès d'un médecin qui l'aurait rassuré et lui aurait même établi un certificat de capacité de travail. Le père Georges vous aurait alors écrit pour vous dire qu'il n'avait aucune raison positive de démissionner.

Entre temps l'architecte de la paroisse a terminé ses examens et a formulé une estimation de coûts de réparations qui s'avèrent, d'après ce que nous avons compris impossibles à assumer par la paroisse seule.

Le 5 décembre après le service religieux , au su et au vu de beaucoup de gens une partie du Conseil Paroissial s'est réuni et après vous avoir contacté , nous a t on dit, a demandé au père Georges de signer une lettre annulant l'assemblée générale alors que la Commission de Sécurité de la mairie qui était venue avait décidé la fermeture de l'église. Le père Georges nous a dit avoir décliné cette demande d'annulation.

Le 6 décembre toujours les mêmes personnes seraient intervenues auprès du père Georges dans son appartement suffisamment bruyamment pour qu'il soit amené à porter plainte pour éviter des traumatismes supplémentaires à ses enfants.

Le 9 décembre nous avons tous eu connaissance de votre lettre du 8 décembre tant au père Georges qu'à nous tous.

Vous y expliquez que c'est le père Georges qui le premier a souhaité lui même démissionner et quitter sa fonction à laquelle nous savons tous il était très attaché. Souvenez vous Monseigneur de votre précédente visite.

Pourquoi n'en aurait il parlé à aucun de ses amis ? Il dénie vouloir quitter sa paroisse et à notre connaissance mène une vie normale qui serait bien plus paisible si certains ne le harcelaient régulièrement. Mais nous avons cru comprendre que le principal d'entre eux a définitivement quitté Biarritz pour s'installer dans la région parisienne.

Nous craignons que vous avez été mal informé et qu'il y aurait eu un regrettable malentendu qui sera probablement dissipé lors de votre visite des 8 et 9 janvier prochain.

Nous adressons également copie de cette lettre à l'association qui s'intéresse à la vie de l'Archevêché et dispose de moyen d'informations pour arrêter toute les mauvaises interprétations.

Nous nous recommandons à vos prières.

 

Galina FURET

 

Copie: OLTR


Par luka - Publié dans : Nouvelles de l ' Archévèché
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Lundi 13 décembre 2004 1 13 /12 /Déc /2004 00:00
 

Déclaration du Conseil de l'Archevêché

 

Le Conseil de l'Archevêché, dans sa composition actuelle, a pris ses fonctions il y a maintenant un peu plus de six mois. Il a pu apprécier les difficultés auxquelles notre Archevêché fait face et les tâches qui l'attendent.

Pendant cette période, la vie de notre Archevêché a été profondément troublée par la lettre signée du Patriarche de Moscou Alexis II en date du 1er avril 2003, concernant la question de savoir quel chemin il convenait d'emprunter pour aboutir à une Eglise locale unifiée dans nos pays et estimant que ce chemin passe par l'unification des entités issues de l'émigration russe et leur rattachement au Patriarcat de Moscou. Plusieurs autres questions se posent par ailleurs.

Au terme de cette période, et après l'Assemblée pastorale du clergé de l'Archevêché, suscitée par l'Archevêque Gabriel, qui s'est tenue à l'Institut Saint-Serge, à Paris, le 1er novembre dernier, les membres du Conseil de l'Archevêché, réunis le 17 novembre 2004, tiennent à partager les orientations qui se sont dégagées et déterminer les tâches qui, en conséquence, s'imposent à nous tous.

Nous entendons rester fidèles :

· A la vision de l'Eglise, Corps du Christ, lieu où l'homme pécheur renaît à la Vie, qui n'est conditionnée par aucune institution de ce monde, qu'elle soit politique, nationale ou historique, mais qui est " une vie nouvelle en Christ, mue par l'Esprit Saint ".

· A la tradition orthodoxe russe qui se caractérise par son attachement à une vie liturgique intense et par son esprit universaliste et missionnaire, qui lui permettent de distinguer le fondamental du secondaire afin de s'adapter aux réalités d'un monde en mutation. Notre diocèse possède une tradition spécifique, tant dans ses pratiques liturgiques, que dans son organisation canonique et administrative, inspirées par les décisions du concile de Moscou de 1917-1918, que l'Archevêché est l'une des rares entités ecclésiales d'origine russe à mettre en pratique aujourd'hui. Cette tradition, nous l'avons reçue de nos pères et maîtres dans la foi, et tout particulièrement du fondateur du notre diocèse, le Métropolite Euloge. Nous y sommes tous profondément attachés.

· A l'enseignement sur la nature de l'Eglise, tel qu'il a été formulé par l'école théologique de l'Institut Saint-Serge, dans la vision ecclésiale du Père Serge Boulgakov et l'ecclésiologie du Père Nicolas Afanassieff, prolongées et actualisées par le Père Alexandre Schmemann : la plénitude de l'Eglise se manifeste dans la Divine Eucharistie, célébrée en un lieu donné - " pour la vie du monde " ; l'unité de l'Eglise - et, indissociablement, l'unité et l'existence même de chacun d'entre nous - est réalisée et maintenue par la communion au Corps et au Sang du Christ.

· A la vocation missionnaire de l'émigration russe, rappelée par ses représentants les plus éminents, entre autres par le Métropolite Vladimir, qui invitait, dès 1949, à " penser [...] à l'enracinement de l'Orthodoxie en Occident. [...] Le Seigneur nous appelle, dans chaque pays du monde [...] à édifier l'Eglise de la Vérité dans la vraie foi ". Tant d'autres ont lancé ce même appel à la prise de conscience de cette vocation, consistant pour les Russes chassés de leur patrie, à faire vivre l'Eglise, à la faire rayonner, à lui faire prendre greffe sur les territoires où ils avaient trouvé refuge.

Cette fidélité implique aussi l'ouverture aux réalités du monde dans lequel nous vivons. Les tâches qui attendent notre Eglise résultent de notre situation :

· L'Archevêché ne se considère plus comme appartenant à une " diaspora ". Il n'est pas étranger aux pays où le Seigneur nous a appelés à vivre pour témoigner de Son Evangile et construire Sa Sainte Eglise. Érigé en diocèse canonique, uni autour de la Table du Seigneur, où se manifeste la plénitude de l'Eglise dans la célébration de la Sainte Eucharistie, offerte par l'évêque, entouré du collège des prêtres et de tout le peuple de Dieu, fondamentalement l'Archevêché est déjà en lui-même une Eglise locale, comme l'est tout diocèse en tout lieu. Il représente une réalité ecclésiale solide qui se manifeste, non seulement en France, mais aussi dans plusieurs autres pays d'Europe occidentale. Avec l'ensemble des diocèses des autres patriarcats, av! ec lesquels il est en communion, il constitue les prémices d'une Eglise territoriale dans les pays où il est présent.

· Promouvoir l'unité de toutes les communautés orthodoxes sur un même territoire est une nécessité primordiale de notre foi et de notre témoignage de l'Evangile du Christ. Nous sommes heureux de constater que S. S. le Patriarche de Moscou Alexis II s'est montré conscient du grave problème de l'organisation canonique de l'orthodoxie dans les pays d'Europe occidentale. Nous espérons que les primats des autres Eglises se sentiront, eux aussi, de plus en plus concernés par ce problème, tout en souhaitant que tous témoignent leur sollicitude non seulement pour leurs propres fidèles en Europe occidentale, mais pour l'ensemble du peuple orthodoxe vivant dans nos pays. Aussi, nous en appelons solennellement aux primats des Eglises autocéphales et, en particulier, au premier d'entre eux en honneur, S. S. le Patriarche Ocuménique Bartholomée Ier, afin que s! oit relancé le processus préconciliaire panorthodoxe dans le cadre duquel cette question doit être résolue en tenant compte de l'avis des évêques orthodoxes vivant en Occident et du Peuple de Dieu qui leur a été confié.

· L'Archevêché entend conserver et promouvoir des liens particuliers d'amour, de respect et de coopération avec la Sainte Eglise de Russie que ses fidèles ont toujours portée dans leur cour. Ceux-ci l'ont toujours aidée dans la mesure de leurs forces et continuent à le faire, notamment par le biais d'organisations fondées et animées par des membres de l'Archevêché (des services comme l'Aide aux Croyants de l'URSS, devenu ACER-Russie, les éditions YMCA-Press, les émissions de la "Voix de l'Orthodoxie", le Comité diocésain d'aide humanitaire aux paroisses de Russie et, récemment, l'aide aux enfants de Beslan, en sont la preuve). Nous suivons avec attention le processus visant à rétablir la communion entre le Patriarcat de Moscou et l'Eglise russe hors-frontières qui est en cours, mais la situation de l'Archevêché est! tout à fait différente tant sur le plan canonique - puisque nous sommes dans la juridiction du Patriarcat ocuménique, qui nous assure la communion avec l'ensemble des Eglises orthodoxes territoriales, y compris celle de Russie -, que sur le plan proprement existentiel - puisque, dans les pays où l'Archevêché est présent, une collaboration et une concertation existent et tendent à se renforcer entre nous et les autres diocèses se trouvant sur un même territoire.

En 1995, grâce à l'action de S. S. le Patriarche Alexis II et de S. Em. l'Archevêque Serge, des contacts officiels suivis ont pu être instaurés au plus haut niveau entre l'Archevêché et l'Eglise russe, ce dont tous se félicitent. On pouvait espérer que les liens établis ces dernières années avec le Patriarcat de Moscou auraient débouché sur un dialogue fraternel et confiant, en vue de résoudre les problèmes pastoraux communs qui se posent dans nos pays. Toutefois, ce dialogue a été rendu difficile dans la période récente, du fait d'une appréciation, à notre avis, inadéquate de la situation par les responsables du Patriarcat, appréciation qui a conduit, semble-t-il, à l'envoi de la lettre patriarcale du 1er avril 2003, pendant la période de vacance du siège archiépisco! pal.

Il est maintenant avéré que certaines personnes, autour du défunt Archevêque Serge, ont mené, de leur propre initiative et sans en référer à aucune des instances collégiales de l'Archevêché, des négociations qui sont allées jusqu'à l'élaboration d'un projet de statuts d'une " métropole autonome " pour l'Europe occidentale, placée dans la juridiction du Patriarcat de Moscou, dans laquelle se serait fondu l'Archevêché. Après la brutale disparition de Mgr Serge, l'élection de Mgr Gabriel - à une très forte majorité - a été perçue, à tort, comme un changement dans l'orientation de l'Archevêché. Pour sa part, S. Em. l'Archevêque Gabriel a cherché à entrer en dialogue avec le Patriarcat de Moscou. Il a écrit à S. S. le Patriar! che Alexis II, il a rencontré personnellement des responsables du Patriarcat, mais, en guise de réponse, il n'a trouvé que des fins de non-recevoir. Pourtant, dix jours après son élection, en mai 2003, Mgr l'Archevêque Gabriel assurait par lettre S. S. le Patriarche qu'il était prêt à engager un dialogue sur l'avenir de l'Archevêché et ses relations avec le Patriarcat de Moscou, en se fondant sur les principes de l'ecclésiologie orthodoxe et en communion avec les autres évêques orthodoxes présents sur un même territoire.[1]

· Dans sa fidélité à la tradition russe et conformément à l'ecclésiologie orthodoxe qui se fonde sur la dimension territoriale de l'Eglise manifestée en un lieu, l'Archevêché appelle de ses voux la construction d'une Eglise localement et territorialement unifiée. En 1949 déjà, les membres de l'Assemblée Générale de l'Archevêché le reconnaissaient, en affirmant leur espoir, en tant qu'émigrés, de " voir venir le jour, quand par la grâce de Dieu, nous pourrons tous rentrer dans la Russie libérée et nous fondre à nouveau dans l'Eglise-mère "[2], car pour eux, comme pour nous d'ailleurs, l'Eglise de Russie est - tout naturellement - l'Eglise qui se trouve en Russie (cf. 1 Co 1,2, etc.). Mais, en même temps, ils exprimaient leur souci de promouvoir, pour ceux qui resteraient définitivem! ent dans leurs pays d'accueil, l'organisation de l'Eglise locale ici, en Occident. C'est ce qu'écrivaient à nouveau, en 1966, nos pères et maîtres dans la foi, pour récuser tout retour au Patriarcat de Moscou : " Au reste, et c'est là l'essentiel, même si la situation de l'Eglise avait été normale en Russie, la position de l'Archevêché n'en aurait pas du tout été modifiée pour autant. [.] En effet, l'Archevêché est devenu avec le temps une Eglise locale et multi-nationale, située d'ailleurs dès le départ en dehors des limites territoriales et canoniques de toute Eglise autocéphale, y compris le Patriarcat de Moscou ".[3]

Pour nous, tout comme pour nos prédécesseurs, la superposition de juridictions sur un même territoire ne peut aucunement être justifiée car résolument contraire à l'ecclésiologie territoriale (telle que résultant notamment du 34e canon des Saints Apôtres). De la même façon, ne peut être justifiée la revendication, par les différentes Eglises autocéphales, d'une obédience directe de leurs ressortissants nationaux, dispersés dans les pays d'Europe occidentale comme dans toute autre partie du monde. Cette obédience directe ne peut qu'entretenir en la renforçant la superposition des juridictions. La situation présente n'est qu'une étape, générée par notre histoire et qui, avec le temps, doit être dépassée avec le concours de l'ensemble des diocèses des autres Patriar! cats, présents dans nos pays. Ces raisons ecclésiologiques rendent inappropriée la proposition du Patriarcat de Moscou. L'édification d'une Eglise locale unifiée dans nos pays doit en effet respecter scrupuleusement les canons et notamment la définition territoriale de l'Eglise. Or, de même que les autres Eglises territoriales, le Patriarcat de Moscou n'a pas juridiction sur nos contrées.

· C'est pourquoi nous rendons grâce à Dieu de disposer d'ores et déjà, en France, d'un centre de collaboration et de dialogue sous la forme de l'Assemblée des évêques orthodoxes en France (AEOF), mise en place conformément aux décisions des consultations préconciliaires préparatoires interorthodoxes de Chambésy, en 1991 et 1993. Nous sommes heureux d'apprendre qu'une délégation de l'AEOF, dont fait partie S. Em. l'Archevêque Gabriel, doit se rendre auprès des Primats des Eglises orthodoxes territoriales afin de leur présenter la vie et la réalité de l'Eglise orthodoxe en France et de s'entretenir avec eux sur les perspectives d'une Orthodoxie localement unifiée.

· La transmission de la foi à ceux qui sont venus chercher refuge dans nos pays, doit faire partie des urgences de notre service. La tradition constante de notre Eglise, en Russie comme dans l'émigration, suivant en cela l'exemple donné par nos nouveaux saints récemment canonisés, Mère Marie (Skobtsov) et ses compagnons, nous appelle également au service et à l'accueil des plus démunis. C'est là notre responsabilité commune, à laquelle Mgr l'Archevêque Gabriel nous a tous invités à participer activement, lors des Assemblées Générales de l'Archevêché du 1er mai 2003 et du 1er mai 2004. Faisons-nous suffisamment dans ce domaine ? Il convient aujourd'hui - c'est une évidence - d'accroître nos efforts, en concertation avec les diocèses des autres patriarcats, pour apporter l'aide sociale, matériell! e, juridique et spirituelle, dont de nombreux immigrants ont besoin. En matière de catéchèse, il y aussi d'énormes besoins tant pour ces nouveaux arrivants, dont il faut favoriser l'ecclésialisation, que pour la formation théologique des jeunes et des adultes dans les paroisses. Nous appelons tous les membres de notre Archevêché à trouver leur place de service dans les initiatives déjà existantes et dans celles que nous envisageons de lancer dans ces domaines, et dont ils seront informés prochainement.

· Nous appelons aussi solennellement clercs et laïcs à veiller au don précieux de l'unité. Le débat est important et légitime. Mais la polémique dans l'Eglise a ses limites. En cas de divergences, il convient, selon la parole de l'apôtre (Appliquez-vous à garder l'unité de l'esprit par le lien de la paix ", Eph 4,3), de rechercher l'unité en toute chose. L'Archevêché a une mission ecclésiale importante, ici, en Occident : c'est ce qui doit guider nos attitudes et cimenter notre unité, autour de la personne de l'Archevêque. Nous devons approfondir notre compréhension du sens de l'Eglise et, ce faisant, rechercher l'unité ecclésiale. Dans ce but, nous entendons organiser une conférence diocésaine, au début de l'année 2005 ainsi que des rencontres à l'échelle des doyennés sur la fa&cce! dil;on de " construire l'Eglise " du Christ, dont nous sommes appelés, chacun selon ses charismes propres, à " devenir des pierres vivantes ". L'avenir est entre les mains de Dieu, mais, comme le Conseil l'avait déjà affirmé en octobre 2003, ce n'est qu'en se fondant sur le sens même et la réalité de l'Eglise, en toute humilité, dans la concorde et dans la communion à Sa grâce ineffable, que nous devons ensemble continuer à servir notre unique Seigneur et Maître.

Paris, le 9 décembre 2004

Par GURSOY Dursun - Publié dans : Nouvelles de l ' Archévèché
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Le saint-protecteur de notre paroisse est fêté le 6 décembre, mémoire de notre Père dans les Saints, NICOLAS, Archevêque de MYRE, le Thaumaturge

Emule des Apôtres et fervent imitateur de notre Seigneur JésusChrist, colonne vivante de l'Eglise par son zèle à défendre la foi et modèle des Saints Hiérarques par son soin pastoral, notre Saint Père Nicolas s'est montré généreux intendant de la grâce de Dieu par ses innombrables miracles en faveur des pauvres, des délaissés, de ceux qui souffrent l'injustice et de tous ceux qui, jusqu'à aujourd'hui, réclament sa paternelle protection. Il vit le jour dans la ville de Patare, en Lycie, vers la fin du troisième siècle, dans une famille chrétienne longtemps privée de progéniture. Dès sa plus tendre enfance, il montra son amour pour la vertu et son zèle dans l'observances des institutions de l'Eglise, en s'abstenant de prendre le sein de sa nourrice jusqu'au soir, chaque mercredi et vendredi. Pieux et réservé, il fut éduqué dans les lettres sacrées et, tout jeune encore, fut ordonné Prêtre par son oncle, l'Archevêque Nicolas. Veilles, jeûnes, prières étaient des vertus dans lesquelles le jeune Clerc excellait depuis longtemps; mais, lorsqu'à la mort de ses parents il distribua généreusement ses biens aux nécessiteux, l'aumône devint pour lui son plus grand titre de gloire devant Dieu. Il se considérait comme le simple économe des biens qui appartenaient aux pauvres, et mettait un soin tout particulier à garder secrètes ses bonnes actions afin de ne pas être privé des récompenses célestes (cf. Mat. 6:3). C'est ainsi qu'il sauva de l'infamie trois jeunes filles que leur père, acculé par les dettes, voulait livrer à la prostitution, en déposant secrètement, à trois reprises, suffisamment d'or pour les marier. Finalement découvert par leur père, Nicolas fit promettre à celui-ci, sous peine d'éternelle malédiction, de ne révéler à personne son bienfait.

En retour, Dieu le fit briller devant les hommes par ses charismes et ses Miracles. En route pour un pèlerinage aux Lieux Saints, il apaisa à deux reprises, par sa prière, la tempête qui mettait en péril le navire sur lequel il s'était embarqué.

A son retour, au milieu de l'allégresse populaire, il fut bientôt désigné comme Evêque de la ville voisine de Myre, à la suite de l'intervention d'un Ange de Dieu auprès des Evêques réunis en synode pour l'élection. Mis en prison pendant la grande et dernière persécution de Dioclétien et Maximien (305), le saint pasteur ne cessait pas de confirmer ses brebis spirituelles dans la foi; et, la paix de l'Eglise ayant été proclamée lors de l'avènement de Constantin, il montra un zèle ardent pour détruire les temples des idoles et en chasser les démons. L'hérésie impie dArius ne tarda pas cependant à troubler et à diviser le Saint Corps du Christ, mais elle trouva encore Saint Nicolas au premier rang des champions de l'Orthodoxie, parmi les Pères réunis pour le premier Concile OEcuménique de Nicée, en 325.

Après avoir sauvé la ville de Myre de la famine, en apparaissant au capitaine d'un bateau chargé de blé, cet homme de Dieu sauva de la mort trois officiers romains, injustement accusés de complot, en apparaissant en songe à l'empereur Constantin et au perfide préfet Avlavius. Une fois délivrés, les trois militaires, pleins de reconnaissance envers le Saint, devinrent moines.

Encore à de nombreuses reprises, tant pendant sa vie qu'après sa mort, Saint Nicolas est miraculeusement intervenu pour protéger des navires en détresse et ceux qui voyagent par mer, cest pourquoi on le vénère comme le protecteur des navigateurs. C'est ainsi qu'il apparut un jour à la barre d'un navire en perdition dans une tempête et le conduisit à bon port, au qu'une autre fois, il vint au secours d'un voyageur passé par-dessus bord et qui, au cri de: «Saint Nicolas, viens à mon secours!», se retrouva soudain dans sa demeure entouré des siens ébahis.

Pendant de longues années le Saint Evêque fut pour ses fidèles comme une présence du Christ, l'Ami des hommes et le Bon Pasteur, il n'y avait pas de malheur auquel il ne compatît, pas d'injustice qu'il ne redressât, pas de discorde qu'il n'apaisât. Il se distinguait partout où il se trouvait par son visage lumineux et l'atmosphère de paix radieuse qui se dégageait de sa personne. Lorsqu'après tant de bienfaits, il s'endormit dans la mort pour gagner le Royaume des cieux, les hommes se lamentèrent d'avoir perdu leur pasteur et leur providence, mais les Anges et les Saints exultèrent de joie en recevant parmi eux le doux Nicolas. Ses Saintes Reliques furent déposées à Myre, dans une église construite en l'honneur du Saint, et recevaient chaque année l'hommage d'un grand nombre de pèlerins. Le diable, ne pouvant supporter cette gloire posthume, prit un jour la forme d'une pauvre vieille femme qui, sous prétexte de ne pouvoir entreprendre une si longue traversée, confia à des pèlerins en partance pour Myre une jarre d'huile destinée à alimenter les veilleuses qui brûlaient perpétuellement devant le tombeau du Saint; mais, en chemin, Nicolas apparut au capitaine du navire et lui donna l'ordre de jeter cette huile magique à la mer. Aussitôt fait, la surface des eaux s'embrasa dans un grand remous, à l'effroi des passagers qui rendirent grâce à Dieu d'avoir, par l'intermédiaire de son Saint, sauvé le Sanctuaire.

En 1087, Myre étant tombée sous le pouvoir des Sarrasins, les troupes italo-normandes de la Première Croisade s'emparèrent des Saints ossements et les transférèrent à Bari, en Italie du sud, en provoquant un grand nombre de Miracles partout où elles passaient (commémoration le 9 mai). C'est là que, depuis, elles sont vénérées.

Saint Nicolas est, avec Saint Georges, l'un des Saints les plus chers au peuple chrétien, tant en Orient qu'en Occident. Innombrables sont les églises qui lui sont consacrées, les fidèles ou les lieux qui ont pris son nom. Particulièrement révéré par le peuple russe comme protecteur des récoltes, il est considéré en Occident comme le patron des enfants et des écoliers, car, selon la légende, il aurait ressuscité trois enfants hachés menu par un cruel boucher qui voulait les mêler à son pâté.

 

http://www.monastere-orthodoxe.fr/

 

Texte libre

croix russe: icône de la Crucifixion du Seigneur
Iconographie de la crucifixion:

On remarque au premier regard, que cette croix est russe, en raison de la barre transversale inférieure très inclinée. Cette inclinaison est là pour nous rappeler que
"la Croix est balance de justice", comme le précisent les textes liturgiques.

Au sommet, est généralement représenté, soit Dieu le Père (une des seules icônes où sa représentation est permise), soit
le Christ Mandylion
, sur lequel est imprimée la Sainte Face.
La scène est également généralement surmontée d'anges ou de chérubins, les mains voilées en signe de respect, êtres angéliques chargés d'élever vers Dieu l'hymne sacré.

Le Christ est fixé sur la Croix par quatre clous (et non trois, ainsi qu'il est presque toujours représenté sur les croix occidentales)
L'inscription signifie "Roi de gloire".
Le Christ incline sa tête auréolée de lumière. Les lettres grecques sur le nimbe signifient "Celui qui est"
Son corps est légèrement penché vers la droite, mais respectant la tradition byzantine, les croix orthodoxes de la Crucifixion ne représentent pas le Christ dans les souffrances de l'agonie ou avec les marques de la Passion.

Le Christ présente toujours sur les croix orthodoxes une noblesse royale: il est la victime volontaire, le Vainqueur qui s'est offert pour nous à son Père

Deux roseaux terminés, l'un par une pointe, l'autre par une éponge, s'élèvent le long de la partie verticale de la Croix et nous rappellent les derniers moments de la Passion.

Sur la partie inférieure de la Croix, (ou sur la barre inférieure de la Croix), est représentée l'ancienne Jérusalem déchue, avec le voile du Temple déchiré; à l'opposé s'élève la Jérusalem nouvelle.

Au pied de la Croix, à l'endroit où la croix s'enfonce dans le sol, on aperçoit le crâne traditionnellement considéré comme celui d'Adam, et qui symbolise l'humanité déchue par le péché et rachetée par le sacrifice du Christ.
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