Mercredi 24 novembre 2004 3 24 /11 /Nov /2004 00:00

Orthodoxie française ?

 

L’orthodoxie, la vraie foi pour ceux qui la confessent est, personne ne le contesterait, présente en France. Pas très largement, il est vrai. Plus que le shintoïsme, par exemple, mais moins que l’islam, le bouddhisme ou le judaïsme. Pourtant, contrairement aux fidèles de ces autres religions, un certain nombre d’orthodoxes de l’Archevêché des églises de tradition russe en Europe occidentale considèrent comme nécessaire de créer un modèle spécifique de leur confession, purement local et totalement acculturé dans leur pays. Depuis quand ? Dans quel but ? Laissons la parole aux acteurs eux-mêmes.

 

Nous ne remonterons pas aux temps héroïques, à la fin des années 1920, quand le père Lev Gillet se convertissait de l’uniatisme et quand le vicomte Hotman de Villiers, le père Grégoire Jouanny et quelques autres (dont Élisabeth Behr-Sigel) fondaient la première paroisse orthodoxe française à Paris. Mais il est indispensable de faire mention d’un autre grand ancêtre de l’orthodoxie française, dont le rôle est largement occulté de nos jours : Jean-Claude Alain. Écrivain connu et futur fondateur des Scouts d’Europe, il exerça une incontestable influence sur certains jeunes orthodoxes dans les années 1950. Alors qu’il animait la Mission orthodoxe de la Radiodiffusion française, il élabora des Propositions concernant la place de l’Orthodoxie en pays latin, publiées dans le bulletin Carrick (N° 4, Mai 1953, p. 3). Voici quelques passages, parmi les plus caractéristiques,  de ce texte injustement oublié :

« Tout christianisme qui ne crie pas, ne témoigne pas, est destiné à demeurer stérile. Un choix  s’impose : agir dans la cité, dans la messe, ou demeurer inefficient… L’orthodoxie en France est-elle présente dans la vie publique ? Est-elle conquérante (non au sens du prosélytisme, mais de la simple présence) ? Est-elle incarnée dans des individus qui acceptent de l’assumer en face des romains, des protestants et des non-orthodoxes ? Il semble bien que la réponse soit non…

Que font les mouvements de jeunesse orthodoxes ? À qui s’adressent-ils ? À des garçons, à des filles qui, en cercle clos, parlent de littérature, souvent de religion, mais qui, en dehors de ces cercles ne rayonnent pas, n’ont pas d’influence sur leur milieu, en mélangeant fâcheusement nationalisme et orthodoxie en viennent à éliminer absolument tout ce qui n’est pas de leur génie national…

Avons-nous au nom d’impératifs nationaux infiniment discutables, le droit d’éliminer en fait de notre foi, de notre communauté orthodoxe, ceux qui ne parlent pas la langue russe ou grecque, ou roumaine ? Avons-nous pour but de garder jalousement une sorte de pureté close, donc stérile, ou bien d’apporter à d’autres non une langue et un nationalisme, mais ce qui fait de nous les fils rachetés d’un même Père ? »

La tentative de Jean-Claude Alain, peut-être prématurée, fit long feu. Mais dans les années soixante ses idées furent reprises par d’autres. L’un des principaux fondateurs de l’orthodoxie française sous son aspect actuel fut Gabriel Matzneff. Cet enfant spirituel du père Pierre Struve, jeune journaliste et futur écrivain à succès, écrivait en 1966 :

« Les meilleurs d’entre les Français venus à l’orthodoxie mettent un point d’honneur à  ne pas se russifier, ni à s’helléniser, car ils ont conscience que l’Église orthodoxe est l’Église une, sainte, catholique et apostolique confessée dans le Credo et que la réduire au monde byzantino-slave revient à nier son universalité Par leur témoignage, ils s’emploient à montrer que l’on peut être orthodoxe et Français ; par leur action ils tâchent d’aider la France à retrouver sa foi orthodoxe du premier millénaire. »

                                                                        (L’Archimandrite, La Table Ronde, p. 13.)

Fondé dans les premiers mois de 1964, un Comité de coordination de la jeunesse orthodoxe, animé par Gabriel Matzneff et Jean Tchékan, devint une sorte d’état-major du combat pour l’orthodoxie française. Un premier congrès de la Jeunesse orthodoxe se tint le 19 avril 1964 à Montgeron, d’autres suivirent, à Paris et en province. Furent organisées des sessions de formation spirituelle ou liturgique, qui tentèrent de stimuler des évolutions jugées indispensables. Des « communautés liturgiques » parallèles aux paroisses locales apparurent en province, à Caen, Angers ou au Mans, par exemple. Sous la rédaction de Jean Tchékan, on publia un bulletin, Activités de la jeunesse orthodoxe, qui informait de tout ce qui se passait de progressif dans les Églises orthodoxes. Les premières années, un réel esprit d’ouverture caractérisa rencontres et publications. Mais bientôt, l’objectif de la création d’une orthodoxie locale totalement débarrassée de ses attributs nationaux tardant à être réalisé, il devint nécessaire de redéfinir certaines orientations  stratégiques et doctrinales. Il fallait également prendre en compte, pour rester crédible à ses yeux, les idées d’une jeunesse avide de changements rapides et radicaux, alors largement sous l’emprise des idées de Mai 1968. 

Cette redéfinition eut lieu le 31 janvier et le 1 février 1970 lors d’une rencontre à Châtenay-Malabry, dans les locaux du Centre de la Métropole grecque. On élabora à cette occasion « une vision panorthodoxe » de l’avenir  de l’orthodoxie en France. Elle consistait « à tendre à une fédération des mouvements et des communautés qui, grâce à l’équilibre à réaliser entre l’ACER et la jeunesse grecque, serait une fédération sans élément fédérateur majeur. Le Comité [de coordination] devrait être… un lieu de rencontre qui aiderait à réaliser les décloisonnements nécessaires et qui aiderait, selon les lieux et les besoins, à engendrer de nouvelles communautés ayant chacune son visage propre ». (Activités de la jeunesse orthodoxe, N° 11, été 1970, p. 6)

Dans le domaine idéologique, les orientations furent données par Olivier Clément, participant à la rencontre de Châtenay. On a abouti en France, considérait l’éminent théologien français,

« à un ensemble ecclésial multinational et divers par ses origines, mais local par son implantation. Les jeunes, insérés de plus en plus dans la cité française, pratiquent de manières diverses le “mariage des cultures”. Leur problème devient : être orthodoxe ici et maintenant, non par simple héritage et pour des raisons ethniques, mais par une prise de conscience de l’universalité de l’Orthodoxie et de son rôle œcuménique… Il s’agit donc de choisir entre :

-          d’une part, l’effritement “biologique” des “refuges” par suite de l’abandon de nombreux jeunes qui n’arrivent pas à dépasser le blocage orthodoxie-nationalité ;

-          d’autre part, la chance de retrouver une Orthodoxie ramenée à l’essentiel en la dissociant d’un contexte historique passé dans lequel elle s’était installée. Le but est d’incarner dans des formes nouvelles la rencontre de l’Occident et de l’Orthodoxie, mettre l’intelligence occidentale au service du mystère… »

      La mise en place de cette orthodoxie rénovée devait, pour Olivier Clément, se faire avec l’assistance du Comité inter-épiscopal apparu en 1967, appelé à devenir « un organisme permanent qui coordonnerait réellement, d’une manière souple et réaliste, la vie de l’Église orthodoxe en Europe occidentale… » (Ibidem, pp. 1-3)

      Plus tard, l’âge de ses principaux animateurs avançant, la Jeunesse orthodoxe se transforma en une Fraternité orthodoxe, s’efforçant de regrouper et d’organiser les progressistes de toutes générations. En 1975,  en témoignage « de l’acceptation réciproque de la France et de l’orthodoxie » et « avec l’accord et l’appui des nos frères catholiques et protestants » parut, sous la rédaction de Jean Tchékan, le premier numéro du bulletin du Service orthodoxe de presse et d’information (SOP N° 1, Octobre, 1975, pp. 1-2). Cet organe diffuse à ce jour une information sur la vie de l’Orthodoxie française et universelle largement conforme aux vues de ses fondateurs.

     Être orthodoxe en France, après Vatican II, était devenu beaucoup plus facile. L’orthodoxie était à la mode et il était généralement très gratifiant de débattre avec des catholiques, souvent encore novices dans ces domaines, du Filioque, de l’hésychasme ou de la théologie de l’icône. Cela les intéressait parfois plus que tel vieux prêtre russe. La tentation de suivre la voie de la facilité et de rompre avec ses origines était donc forte. Beaucoup de jeunes issus de l’émigration russe y succombèrent. Avouer ne pas communier chaque dimanche, être attaché au slavon ou trouver du charme au chant du chœur de la cathédrale St-Alexandre-Nevski, c’était risquer de se créer une réputation de réactionnaire, sinon de demeuré intellectuel.

Dans les années qui suivirent, au lieu d’unifier les orthodoxes de France, les partisans de l’orthodoxie française évoluèrent vers des usages propres, élaborèrent des codes qui les différencièrent des fidèles attachés à leur tradition nationale. Un modèle d’orthodoxie qui se présentait comme universel devint particulier, presque sectaire dans certains de ses aspects.

D’un point de vue strictement hexagonal, « l’effritement biologique » des émigrations, selon l’_expression  d’Olivier Clément, donnait effectivement plus d’importance numérique relative aux communautés appelées, selon leurs fondateurs, à construire l’avenir de l’orthodoxie et semblait conforter leur projet. Mais il suffisait de se rendre dans un pays  voisin, n’importe lequel, pour constater que personne n’y parlait de créer une orthodoxie spécifique, belge, italienne ou allemande, par exemple. Les offices s’y célébraient parfois, de plus en plus même, dans la langue locale, mais cela n’aboutissait pas à la création de structures socio-ecclésiales spécifiques. Sans aller si loin, on pouvait constater que, globalement, le projet élaboré par les idéologues de l’orthodoxie française n’avait que peu d’influence en dehors des deux juridictions de France soumises au Patriarcat de Constantinople, la grecque et, surtout, la russe.

 

Si on tente un bilan, l’orthodoxie française, trente ans après la mise en route de son projet, ne semble pas avoir occupé beaucoup plus de terrain qu’elle n’en contrôlait au départ. Les innombrables catholiques qui ont renoncé à leur vie religieuse pendant cette période n’ont pas rejoint en masse l’orthodoxie, ni même n’ont été notablement influencés par elle. Ils sont certainement plus souvent devenus bouddhistes qu’orthodoxes. Quant aux jeunes d’origine orthodoxe, ils se partagent actuellement entre tenant de la tradition et partisans du changement à peu près dans les mêmes proportions que par le passé.

Les orthodoxes français de notre Archevêché ne semblent pas avoir non plus élaboré leur tradition propre, ce qui se remarque, en particulier, dans le domaine liturgique. Y domine l’impression non pas d’un ordre nouveau, mais d’un grand désordre. Le Notre Père lui-même connaît chez eux de surprenantes variantes locales.

Les mouvements de jeunesse russes, que d’aucuns considéraient comme inadaptés et obsolètes, n’ont pas disparu. Ils recrutent au moins autant, sinon plus, que dans les années 1960-1970. Certains ont renoué des liens forts, y compris dans le domaine religieux, avec la Russie. Ils y ont même fait souche, sans que leurs membres occidentaux se soient « désengagés de la cité » dans les pays dont ils sont des citoyens parfaitement intégrés. Les paroisses russes sont toujours là, elles aussi, pratiquement aussi nombreuses et souvent plus fréquentées que dans les années 1970.

Cette situation que tout le monde connaît ou pourrait connaître ne cadre guère avec les conceptions que nous avons exposées plus haut. Rien de ce qui y était souhaité ou annoncé ne s’est produit, pas même l’émergence de jeunes forces capables de reprendre à un niveau acceptable le flambeau des idéologues et stratèges de l’orthodoxie française qui avaient lancé le mouvement. De petites communautés dispersées de ci de là, recrutant un clergé parfois peu formé, ne sauraient guère constituer le fondement d’une Église locale française dans un avenir prévisible.

Les tenants de l’orthodoxie française ne se sont guère renouvelés, non plus, sur le plan des idées. Ils se servent toujours des mêmes arguments élaborés il y a un quart de siècle, qui semblent ne tenir compte d’aucune des évolutions récentes dans le monde orthodoxe. Les idées paraissent vraiment avoir changé de camp. La protection fluctuante de l’omophore du Patriarche de Constantinople, par ailleurs, n’est pas un abri en béton. Elle dépend de facteurs largement hors de portée de l’orthodoxie française et ne peut à elle seule durablement assurer sa survie.  L’Assemblée des évêques orthodoxes, avatar actuel du Conseil inter-épiscopal, n’est toujours qu’un organisme consultatif, dont les membres sont au demeurant assez désunis.

           

Alors, finalement, y a-t-il une place pour une tradition orthodoxe spécifiquement française au sein de l’Archevêché des églises de tradition russe en Europe occidentale?  Sans doute,  si elle abandonne ses dogmes dépassés et son attitude sectaire, si elle reconnaît le droit d’existence à d’autres traditions, si elle respecte l’ordo liturgique et les règles canoniques de l’Église orthodoxe. Souhaitons que la raison l’emporte et que puisse se construire en Europe occidentale une Église locale multiple, pacifiée et respectueuse du prochain, même s’il ne partage vos convictions.

 

Nicolas Ross  

http://fr.groups.yahoo.com/group/orthodoxierusseoccident/
 

Par GURSOY Dursun - Publié dans : Nouvelles de l ' Archévèché
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Mercredi 24 novembre 2004 3 24 /11 /Nov /2004 00:00

Dimanche 21 novembre 2004

25è dimanche après la Pentecôte, 9è après la Croix

Ton 8 ; Matines : 3è Evangile

Epître : Ep 4, 1-6 ; Evangile : Lc 12, 16-21; usage slave : Lc 10, 25-37

Présentation au temple de la Mère de Dieu

Epître : Hb 9, 1-7 ; Evangile : Lc 10, 38-42, 11, 27-28

Kondakion

Le Temple très pur du Sauveur, la très précieuse chambre nuptiale, la Vierge, le trésor sacré de la gloire de Dieu est conduite en ce jour dans la maison du Seigneur, portant avec elle la grâce de l'Esprit divin. Les anges de Dieu lui chantent : "Elle est le tabernacle céleste".

Vêpres

En ce jour le temple spirituel de la sainte gloire du Christ notre Dieu, la seule Vierge entre toutes bénie est présentée au Temple de la Loi pour habiter le Saint des Saints. Avec elle Joachim et Anne se réjouissent en esprit et les vierges en choeur aux accents des psaumes chantent au Seigneur en l'honneur de la Mère de Dieu. Garde sous ta protection ô Mère de Dieu et source intarissable de lal Vie tous les chantres qui t'honorent de leurs hymnes en ta vénérable Présentation accorde-leur la couronne des vainqueurs.

 

 

 

Tropaire

Préfiguration de la bienveillance de Dieu, annonce du salut des hommes, aujourd'hui dans le Temple la Vierge se manifeste aux yeux de tous et d'avance proclame le Christ au monde entier. Chantons-lui nous aussi d'une voix forte : "Réjouis-toi, qui accomplis le dessein du Créateur.

HOMELIE

La fête de l'Entrée au Temple de la Mère de Dieu nous introduit dans ce mystère : avec Marie, le véritable temple de Dieu entre dans le Temple de Jérusalem. Ce destin, Marie l'assume intégralement par la profondeur inégalée de sa foi. La foi de Marie est la force de son âme. Marie est de tous les hommes et de toutes les femmes celle qui a le plus risqué pour le Seigneur, celle qui s'est engagée pour lui le plus entièrement. Elle seule pouvait répondre à l'Ange : " Je suis la servante du Seigneur. " Comme elle seule pouvait accompagner jusqu'au Golgotha le Fils de Dieu dans le partage de ses souffrances. Cette foi éclate dès son premier âge. Elle est évidente sur les icônes de la fête de la Présentation. Marie gravit les marches du Temple sans hésiter. Elle marche droit devant elle, les yeux fixés sur le grand prêtre, et au-delà, vers le Saint des Saints, vers les anges qui l'attendent, vers Dieu présent dans ses anges. Elle ne détourne pas la tête, ni vers ses parents Anne et Joachim, ni vers tous les siens restés en arrière. Sa détermination est entière. Marie a choisi une fois pour toutes. Elle sait qu'elle vient donner son cœur à Dieu. Toute sa vie sera au service du Seigneur. Jamais elle ne reviendra sur cette décision. Jamais sa fidélité ne se démentira. Elle qui sera le trône de la Sagesse pourrait dire avec celle-ci : " Le Seigneur m'a faite pour lui. " Dès l'éveil de sa conscience Marie atteint la plénitude de la foi et du don. Quelle leçon ! Car tous nous sommes faits aussi pour Dieu seul. Mais avouons notre manque de foi, notre faible détermination. Nous savons bien ce que Dieu attend de nous : notre engagement, notre participation à son amour comme à ses souffrances, l'ouverture de nos cœurs à sa présence vivante. Mais trop souvent nous ne pouvons répondre d'un coeur entier. Nous manquons de courage pour rompre avec le monde et avec nous-mêmes. La main sur la charrue, nous regardons encore en arrière et nous cherchons les plus mauvaises raisons pour éviter de répondre à l'attente du Seigneur. Marie, elle, monte de degré en degré. Elle s'élève vers le Seigneur, sans esprit de retour. Elle se livre à l'amour de Dieu. Elle ne calcule pas. Elle n'est pas prudente. Elle ne cherche pas la paix à tout prix. Elle est celle qui offre tout et trouve la joie dans l'offrande, le bonheur dans le sacrifice. Tout entière sacrifiée, elle est tout entière sanctifiée. L'Esprit Saint s'empare d'elle et ne l'abandonnera plus. Simplement pour être entrée dans le Temple et ne l'avoir quitté que pour devenir le vrai temple où Dieu viendra s'incarner pour notre salut. Marie, outre qu'elle est pour toujours la Mère de Dieu, la Mère du Sauveur, s'affirme ainsi comme le maître de notre vie spirituelle. Au début de l'Avent de Noël où nous nous trouvons, elle est un signe et un exemple pour notre foi. Dès maintenant il nous faut nous aussi choisir Dieu et Lui présenter d'ores et déjà pour sa venue le temple de nos cœurs. (Père René Dorenlot in "Une saison en Orthodoxie" p.15-17 Ed du Cerf Paris 1992)

Jeudi 25 novembre 2004

clôture de la fête de la Présentation au temple de la Très Sainte Mère de Dieu et toujours vierge Marie

clôture de la fête : Epître : Hb 9, 1-7 ; Evangile : Lc 10, 38-42, 11, 27-28

Ste mégalomartyre Catherine d'Alexandrie

de la sainte : Epître : Ga 3, 23- 4, 5 ; Evangile : Mc 5, 24-34

Tropaire, ton 4

De tes vertus, comme rayons de soleil, tu as éclairé les philosophes incroyants ; comme pleine lune, pour qui s'avance de nuit, tu dissipas les ténèbres de l'absence de foi ; la souveraine crut en Dieu grâce à toi, et tu as confondu le tyran ; bienheureuse Catherine, comme épouse choisie, avec amour tu as rejoint, dans la chambre des cieux, le Christ, ton époux resplendissant de beauté, et tu as reçu royale couronne de sa main ; puisqu'en sa présence avec les Anges tu te tiens, intercède auprès de lui pour les fidèles célébrant ta mémoire sacrée.

Dimanche 28 novembre 2004 : 26è dimanche après la Pentecôte

Ton 1; Matines : 4è Evangile

Epître : Ep 5, 9-19; Evangile : Lc 18, 18-27 ; Lc 12, 16-21usage slave

Mardi 30 novembre 2004 : St apôtre André, le premier appelé

Epître : 1Co 4, 9-16 ; Evangile : Jn 1, 35-51

Tropaire, ton 4

Toi qui des apôtres fus le premier appelé et le propre frère de leur Coryphée, saint André, intercède auprès du Maître de l'univers pour qu'au monde il fasse don de la paix et qu'à nos âmes il accorde la grâce du salut.

Samedi 4 décembre 2004 : Ste mégalomartyre Barbe ou Barbara

usage grec : Epître : Ga 3, 23- 4, 5 ; Evangile : Mc 5, 24-34

usage slave : Epître : Ga 3, 23-29 ; Evangile : Mc 5, 24-34

Dimanche 5 décembre 2004

27è dimanche après la Pentecôte, 11è après la Croix

Ton 2 ; Matines : 5è Evangile

Epître : Ep 6, 10-17 ; Evangile : Lc 13, 10-17

St Sabbas le Consacré

Epître : 1Th 5, 1-8 ; Evangile : Lc 21, 28-33 ; usage slave : Lc 11, 47-12, 1

Lundi 6 décembre 2004

St Nicolas le thaumaturge, archevêque de Myre en Lycie

Epître : Hb 13, 17-21 ; Evangile : Lc 6, 17-23

Tropaire, ton 4

La justice de tes oeuvres a fait de toi pour ton troupeau, une règle de foi, un modèle de douceur, un maître de tempérance ; c'est pourquoi tu as obtenu par ton humilité l'exaltation et par ta pauvreté la richesse. Père saint, pontife Nicolas, prie le Christ notre Dieu de sauver nos âmes.

 

Kondakion, ton 3

A Myre, saint évêque, tu t'es montré comme le ministre du sacrifice divin ; car, accomplissant l'Evangile du Christ, tu donnas ta vie pour tes brebis et sauva les innocents de la mort ; dès lors tu fus sanctifié, comme grand pontife de la grâce de Dieu

Mardi 7décembre 2004 : St Ambroise de Milan

Evangile : Lc 21, 5-7, 10-11, 20-24 ; usage slave : Lc 20, 1-8

Jeudi 9 décembre 2004

Conception de la Très Sainte Mère de Dieu par Ste Anne

Epître : Ga 4, 22-27 ; Evangile : Lc 8, 16-21

Tropaire, ton 4

En ce jour sont brisées les chaînes de la stérilité, car Dieu exauce la prière d'Anne et Joachim : il leur promet clairement la naissance inespétée de la divine enfant qui doit à son tour enfanter l'Infini dans la chair des mortels, celui même qui ordonne à l'Ange de lui crier : Réjouis-toi pleine de grâce, le Seigneur est avec toi.

Dimanche 12 décembre 2004

28è dimanche après la Pentecôte, 12è après la Croix

Dimanche des Ancêtres

Ton 3 ; Matines : 6è Evangile

Epître : Cl 3, 4-11 ; Evangile : Lc 14, 16-24

St Spyridon le Thaumaturge, évêque de Trimythonte à Chypre

usage grec : Epître : Ep 5, 8-19 ; Evangile : Jn 10, 9-16

usage slave : Epître : Hb 13, 17-21 ; Evangile : Lc 6, 17-23

Tropaire des Ancêtres, ton 2

Par la foi tu as justifié tes Ancêtres, Seigneur, par eux tu épousas d'avance l'Eglise des nations ; ils se trouvent comblés de gloire et de fierté à cause de l'illustre fruit de leur lignée, qui sans semence t'enfanta. Par leurs prières, ô Christ notre Dieu, fais que nos âmes reçoivent le salut.

 

Tropaire, t.1
Du premier des conciles tu fus le champion et le thaumaturge, Père théophore Spyridon ; tu as parlé avec une morte ensevelie, en or tu as changé un serpent ; quand tu chantais tes saintes oraisons, les Anges célébraient avec toi, Pontife saint. Gloire à Celui qui t'a glorifié, gloire à Celui qui t'a couronné, gloire à Celui qui, par toi, opère en tous la guérison.

 

Kondakion, t.4
Ravi par l'amour du Christ, Pontife saint, élevant aussi ton âme sur les ailes de l'Esprit, tu atteignis par une pure contemplation dans tes œuvres la perfection et tu devins toi-même l'autel pour implorer du Seigneur en faveur de nous tous la divine clarté.

Vendredi 17 décembre 2004

St Prophète Daniel et les 3 adolescents Ss Ananias, Azaria et Misael

Epître : Hb 11, 33-40 ; Evangile : Lc 11, 47- 12, 1

Tropaire des 3 jeunes gens, ton 2

Combien sont sublimes les entreprises de la foi ! Les trois jeunes gens exultaient dans la fournaise comme dans les eaux du repos ; et le prophète Daniel dans la fosse avec les lions semblait le pâtre du troupeau. Par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Dimanche 19 décembre 2004

29è dimanche après la Pentecôte, 13è après la Croix

Dimanche avant la Nativité

Dimanche des Pères ou de la généalogie

Ton 4 ; Matines : 7è Evangile

Epître : usage grec : Hb 11, 9-10, 32-40 ; Evangile : Mt 1, 1-25

Epître : usage slave : Hb 11, 9-10, 17-40 ; Evangile : Mt 1, 1-25

Lundi 20 décembre 2004

St hiéromartyr Ignace le Théophore, évêque d'Antioche

Du saint :Epître : Hb 4, 14-5, 6 ; Evangile : Mc 9, 33-41

Kondakion, ton 3

Le splendide jour de tes brillants combats nous annonce déjà la virginale naissance du Christ ; dans ta soif de savourer son amour, tu n'eus de cesse d'être broyé par les fauves comme froment ; c'est pourquoi, martyr Ignace, tu reçus l'illustre nom de théophore.

Vendredi 24 décembre 2004

Vigile de la Nativité de Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus-Christ

on ne célèbre pas la Liturgie ; Anticipation des Heures Royales

Vêpres et liturgie de St Basile se rapportant déjà au 25

Epître : Hb 1, 1-12 ; Evangile Lc 2, 1-20

Samedi 25 décembre 2004

Nativité de notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ

Liturgie de St Jean Chrysostome

Epître : Ga 4, 4-7 ; Evangile : Mt 2, 1-12

Kondakion

Aujourd'hui la Vierge met au monde l'Eternel et la terre offre une grotte à l'Inaccessible. Les anges et les pasteurs le louent, et l'étoile avec les mages s'avance. Car tu es né pour nous, petit enfant, Dieu éternel.

Lucernaire des vêpres de la fête

Venez, réjouissons-nous dans le Seigneur en exposant le mystère de ce jour. Le mur de séparation est renversé, le glaive flamboyant est déposé, les chérubins ne gardent plus l'arbre de vie, et moi je participe aux délices du paradis dont la désobéissance m'avait exclu. Car l'Icône immuable du Père divin, l'empreinte de son éternité, prend forme d'esclave en naissant d'une Mère vierge, sans subir de changement et le Dieu véritable demeure ce qu'il était, assumant ce qui lui était étranger par amour des hommes : l'humanité. Aussi chantons à notre Dieu : Toi qui es né de la Vierge, aie pitié de nous !

 

 

Tropaire

Par ta Nativité, ô Christ notre Dieu sur le monde s'est levée la lumière de la véritable science. A sa clarté les savants adorateurs des astres d'un astre ont appris à t'adorer, Soleil de justice te découvrant comme l'Orient venu d'en haut. Seigneur gloire à toi !

La naissance de Notre Seigneur Jésus-Christ fut commémorée liturgiquement tout d'abord en Egypte, où on la célébrait la nuit du 5 au 6 janvier. Dans la suite on en fit à Rome une fête séparée du 6 janvier, fixée au 25 décembre. Ce fut vers 354. En Orient, saint Jean Chrysostome lui-même l'introduisit d'abord à Antioche. Plus qu'à Rome Noël fut, dès le début, une solennité commémorative d'un fait historique. Plus tard, le caractère populaire et poétique de la fête orientale passa en Occident, où elle devait prendre, surtout sous l'influence de saint François d'Assise, une place fort importante dans le folklore des pays latins.

 

 

- CHANT A LA VIERGE

Magnifie, mon âme, celle qui est plus vénérable et plus glorieuse que les armées célestes. Mystère étrange et inexplicable : la grotte est un ciel, la Vierge un trône de Chérubins, la crèche une demeure pour le contenir.

 

- CHANT DE LA PETITE ENTRÉE À LA LITURGIE

Je t'ai engendré dans mon sein avant l'étoile du matin. Le Seigneur l'a juré et ne s'en repentira pas : Tu es prêtre à jamais, selon l'ordre de Melchisédech.

 

- CHANT DE LA COMMUNION

Il envoie la délivrance à son peuple. Il déclare pour toujours son alliance. Alléluia.

 

- LA LUMIERE DE NOEL

Ta royauté, Christ-Dieu, est une royauté éternelle,

Ta domination s'étend à toutes les générations ;

Toi qui t'es incarné par l'opération du Saint-Esprit

Et qui t'es fait homme en naissant de Marie, la toujours-vierge

Ô Christ-Dieu, lors de ton avènement, Tu as brillé à nos yeux comme une lumière.

Lumière de Lumière, éclat du Père,

Tu combles de joie toute créature.

Tout souffle te loue comme l'empreinte du Père.

Toi qui es et qui as toujours été,

Toi qui as manifesté ta divinité en naissant de la Vierge,

Aie pitié de nous.

(liturgie vespérale, stichère de la psalmodie du ps. 140)

Noël à BYZANCE

Le jour de la Nativité, les Byzantins, semble-t-il, érigeaient une grotte dans chacune de leurs églises. Puis ils y déposaient un matelas sur lequel ils installaient un enfant qui était supposé représenter le Christ. Théodore Balsamon (12' s.) l'atteste bien lors de son explication du 83e canon du Concile "in Trullo". Mais cette coutume est plus ancienne encore puisque Saint Jean Chrysostome en parle dans son sermon de Noël du 20 décembre 386: "J'attends avec impatience, dit-il, ce moment où je me rendrai promptement dans chaque foyer pour y trouver noire Maître couché dans la crèche" !

Lors des grandes fêtes on décorait à Byzance les maisons et leurs portes d'entrée ; on lavait les rues de la Ville à grandes eaux. Mais pour Noël, non seulement le gouverneur faisait laver les rues, mais il commandait qu'elles soient décorées de branches de romarin et de myrte, de même il fallait dresser partout des colonnes toutes ornées de fleurs de saison.

Pendant les douze jours qui vont de la Nativité à la Théophanie, les enfants allaient de maison en maison, du matin jusque tard dans la nuit, chanter les "kalandas" (vœux formulés sous forme de chants). Jean Tetzis (12e s.) en témoigne tout en précisant que ces mêmes enfants profitaient de l'occasion pour ajouter des couplets élogieux à l'égard de leurs hôtes, ce qui leur procurait un généreux pourboire. Ajoutons encore que les adultes aussi s'adonnaient à cette pratique en accompagnant les enfants avec leurs instruments de musique.

Les courses de chevaux, si prisées des Byzantins, leur offraient de splendides spectacles. L'empereur assistait en personne à cette grande manifestation.

Mais le ton festif de ce jour glorieux était donné avant tout par le Palais impérial: l'empereur le quittait en grande pompe pour se rendre à la Basilique de Sainte Sophie. Ce jour-là, nous dit Constantin Porphyrogénète, le "basileus", vêtu de son manteau royal et la couronne posée sur la tête quittait ses appartements pour s'engager sur le boulevard principal de la Ville, connu sous le nom de "voie moyenne" ("mèssi odos"), qui arrivait tout droit sur Sainte Sophie. A six endroits différents de ce parcours, l'empereur était accueilli par les représentants des communes qui l'acclamaient en criant: "Is polla èti, nombreuses, nombreuses, nombreuses années ; que Dieu accorde à ta sainte royauté de longues années".

Une fois arrivé à Sainte Sophie, l'empereur laissait le maître des cérémonies lui prendre la couronne et c'est ainsi, tête nue, qu'il se dirigeait vers l'endroit où l'attendait le Patriarche. Ensemble ils s'engageaient dans la nef tandis que de partout, signale Kantakouzinos, s'élevait une mélodie harmonieuse et magnifique. Puis le "basileus" entrait dans le sanctuaire et de là il allait dans une pièce spécialement aménagée pour lui, le "mutatoire" pour prendre un peu de repos avant de réapparaître au moment du baiser de paix et de la communion. La Divine Liturgie terminée, il regagnait son palais comme il était venu, tandis que les mêmes honneurs qu'à l'aller lui étaient rendus par les mêmes délégués des diverses Communes.

Il convient de préciser qu'au milieu des chants en grec on en trouvait aussi en latin qui disaient ceci: "Il est né de la Vierge Marie et les mages venus d'Orient se prosternent à ses pieds pour l'adorer ! Que notre Christ Dieu conserve ta royauté de longues années, ad multos annos !"

A midi l'empereur offrait un déjeuner où l'on invitait, avec les officiels et les hôtes étrangers, douze pauvres de la Ville, lesquels symbolisaient les Apôtres du Christ. Les gens mangeaient couchés selon la coutume de cette époque. Par moments ils se levaient pour porter un toast à l'empereur tandis que les meilleurs chantres et musiciens de Sainte Sophie entonnaient à chaque fois le tropaire de Noël.

Par respect pour ce jour sacré les empereurs byzantins interdisaient que l'on capture qui que ce soit où qu'on le mette en prison, peu importe son crime.

Phédon KOUKOULES (d'après le livre "Vie des Byzantins et Culture", t.Vl, Athènes 1957 -pp. 15 1-154)

HOMELIE

Plus j'approfondis ce tropaire de Noël, plus je suis frappé par l'image qu'il nous donne du Christ : Soleil de justice ! Et plus encore je centre ma réflexion sur les mots justice et charité. Il est vrai que l'Eglise peut être mise au banc de l'accusation sur plusieurs points à travers l'histoire. Mais il y a quand même des données spécifiques à la vie de l'Eglise, et qui font que l'Eglise est dans le monde. Je reprendrai simplement l'idée de justice en l'éclairant à travers saint Paul. Pour lui, la notion de justice est liée à l'Incarnation et à la Résurrection : justice signifie un nouvel état de vie... Notre spécificité de chrétiens, c'est qu'en agissant dans le temps nous avons comme base et comme critère la personne même du Christ. Nous ne sommes pas utopistes, nous savons très bien que nous ne changerons pas ce monde comme cela ; il y a même un certain pessimisme évangélique qui apparaît à travers notre action dans le monde. Mais notre action ne se situe pas uniquement dans le temps ; et ceci est une permanence qui appartient au christianisme. C'est-à-dire que nous sommes dans le temps et en même temps projetés dans un autre temps. Et dans cette ligne-là, la charité signifie qu'aujourd'hui notre responsabilité est pleinement engagée, que nous avons à assumer les choses positives qui sont proposées par l'humanité d'où qu'elles viennent, mais que ces choses positives, nous devons toujours les éclairer aussi par cette eschatologie du huitième jour, comme on dit. C'est-à-dire par la réalité du Royaume à venir et que nous nous devons de construire à partir de ce monde qui est le nôtre. Et donc la charité, au même titre que la justice, s'inscrit dans le contexte du huitième jour; elle va au-delà de ce que l'humanité peut proposer. Dans ce contexte de la charité, nous savons qu'au jugement dernier Dieu nous demandera dans quelle mesure nous avons été attentifs, justement, à son amour, et à tout ce qu'Il a attendu de nous. Ce qui m'inquiète pourtant quand il s'agit de charité et de justice, c'est de voir que le chrétien ne sait plus qui est l'homme ! Parce qu'en fin de compte, s'il faut élaborer une théologie de l'homme, alors je m'inquiète personnellement. Je me dis que nous ne vivons plus la réalité de l'Évangile, qui est l'avènement de la nouveauté, parce que justement l'Evangile dans le cas présent est une violation de tout ce désordre qui existait, qui va exister et qui existe. Et je me demande à ce moment-là quel est le sens de l'Eucharistie que je célèbre. Si je dois repenser le problème de l'homme, je dis avec le PR Paul Evdokimov :" Le tragique pour nous, c'est qu'aujourd'hui le Royaume est construit par des gens qui ne croient plus en Dieu. Et que ceux qui croient en Dieu ne construisent plus le Royaume. " Puisse la naissance de l'Enfant Jésus nous accorder de nous remettre enfin dans ce que nous devrions vraiment être toujours par rapport à une action en faveur de nos frères plus défavorisés. (in "Une saison en Orthodoxie" p. 38-39, Ed. du Cerf Paris 1992)

Mgr STEPHANOS, métropolite de Tallinn et de toute l'Estonie

Dimanche 26 décembre 2004

30è dimanche après la Pentecôte, 14è après la Croix

Dimanche après la Nativité

Mémoire de St Joseph, époux de la Vierge, de David, prophète et roi et de St Jacques, frère du Seigneur

Ton 5 ; Matines : 8è Evangile

Epître : Ga 1, 11-19 ; Evangile : Mt 2, 13-23

Synaxe de la Très Sainte Mère de Dieu

Epître : Hb 2, 11-18 ; Evangile : Mt 2, 13-23

C'est une constante liturgique dans le rite byzantin : chaque grande fête est préparée par une avant fête et prolongée par une autre fête, qui entretient avec la fête principale un lien vital. C'est ainsi que le 9 septembre, le lendemain de la fête de la Nativité de la Vierge, l'Eglise célèbre la mémoire des parents de Marie, Joachim et Anne ; le 26 mars, lendemain de l'Annonciation, c'est la synaxe de l'archange Gabriel ; le 30 juin, lendemain de la fête des saints Pierre et Paul, c'est la synaxe des douze saints, glorieux et illustres apôtres. Le lendemain de Noël est donc tout naturellement consacré à la célébration de la Mère de l'enfant de Bethléem.
" Synaxe " signifie réunion, ou assemblée pour célébrer une fête. " Synaxe de la Mère de Dieu " signifie donc tout simplement fête à l'Eglise, avec célébration de la divine Liturgie, de la très sainte Mère de Dieu.
Les deux textes bibliques, que nous lisons aujourd'hui au cours de la divine Liturgie, nous montrent qu'en célébrant la Mère de Dieu l'Eglise entend bien, en fait, prolonger la célébration de la Nativité du Sauveur.
L'épître aux Hébreux nous entretient de la communion dans la chair et le sang des hommes que le Fils de Dieu a voulu assumer à Noël, introduisant par là le thème essentiel de cette épître, à savoir celui du Christ grand prêtre. L'enfant de Bethléem, parce qu'il est Dieu, participe à la chair et au sang des hommes afin d'" affranchir ", par sa Résurrection, gage de la résurrection de tout homme qui croit en lui, " tous ceux qui, leur vie entière, étaient tenus en esclavage par la crainte de la mort ". Non seulement, en ce 26 décembre, la sainte Eglise centre sa réflexion et sa piété avant tout sur le Christ, sur le fils de Marie qui est simultanément le Fils de Dieu, mais elle ne sépare pas la fête de Noël qu'elle vient de célébrer de celle de Pâques vers laquelle désormais elle ne va pas tarder à tourner Son regard liturgique. En effet, nous dit l'épître aux Hébreux si à Noël, le Fils unique du Père céleste est " devenu en tout semblable à ses frères " (en tout, bien sûr, hormis le péché),
c'est " pour expier les péchés du peuple ", c'est pour " venir en aide à ceux qui sont éprouvés " en consentant dans son amour fou de l'homme à " souffrir par l'épreuve ".
Contemplons attentivement l'icône de Noël. Elle préfigure celle de Pâques. Les profondeurs mystérieuses de la terre qui, sur l'icône de la Nativité, apparaissent dans la grotte de Bethléem, nous parlent déjà du tombeau de Joseph d'Arimathie. Le bain de l'Enfant-Dieu, en bas de l'icône, nous parle déjà du baptême de Jésus dans le Jourdain et du baptême de sang en lequel Jésus de Nazareth achèvera (lamentablement, à vues purement humaines) son odyssée terrestre. Les langes du divin nouveau-né, ce sont déjà les linges mortuaires que le fils adoptif de Marie et le coryphée des apôtres, en se penchant sur la tombe vide, apercevront le premier jour de la semaine du Renouveau et que reproduit l'icône de la Résurrection.
Le tropaire pascal proclame que " par la mort " le Christ ressuscité des morts " a vaincu la mort ". Ce texte est déjà inscrit en image dans l'icône de Noël qui nous montre l'Enfant-Dieu emmailloté et totalement immobilisé par ses liens. Or, hier, le jour de Noël, l'Eglise a chanté : " Par ses langes, il délie du lien du péché. " Et hier matin, à l'office des matines, nous clamions : " Lui qui tient les rênes des Puissances immaculées, il est couché dans une crèche d'animaux et il est emmailloté dans une loque ; mais il délie les liens enchevêtrés de nos péchés. " Et aux matines de ce 26 décembre l'Eglise s'écrie : " En ce jour, par une étoile, Dieu amène les mages à L'adorer en prédisant sa Résurrection après trois jours par l'or, la myrrhe et l'encens. " Dans les mages l'Eglise aperçoit la préfiguration prophétique des femmes myrophores, des femmes " porteuses d'aromates ", venues le dimanche matin à la tombe pour embaumer le corps de leur Maître. L'Eglise contemple le mystère pascal dans celui de Noël. L'Agneau de Bethléem est déjà un agneau immolé. Il est déjà l'Agneau eucharistique. D'ailleurs, au cours de l'office de la préparation des saints dons, le prêtre place l'étoile de Bethléem au-dessus de la patène sur laquelle il vient de déposer l'Agneau eucharistique.
La Mère de Dieu ne doit jamais être isolée de son divin Fils tel est bien le message de l'Eglise en ce lendemain de Noël. C'est dans l'enfant de Bethléem poursuivi par la haine d'Hérode, c'est dans le " Nazaréen " annoncé par les prophètes que l'Eglise " reconnaît " Marie. Comme chacun de nous, Marie n'a de sens et de destinée qu'à l'intérieur du dessein de divinisation du Père, que révèle le Fils, dans l'Esprit. Marie n'a aucun privilège humain. Toute sa gloire est d'avoir été visitée par l'Archange, d'avoir (dans l'amour et la foi) consenti par une démarche toute personnelle de liberté et d'espérance à devenir la " localisation " par excellence de la théophanie, de la manifestation de Dieu à l'humanité et dans l'humanité. Le sein de la Vierge-Mère de Dieu est le lieu sacré entre tous. Car si, dans le buisson ardent et sur le Sinaï embrasé la voix divine s'était fait entendre, ici c'est la Parole même du Père, c'est son Verbe subsistant, coéternel à Lui et de même substance que Lui, qui demeure. Le sein de la Vierge réalise au-delà de toute humaine espérance les aspirations religieuses qui jadis s'exprimèrent aussi bien dans le tabernacle mosaïque que dans le temple salomonien. En venant dresser sa tente dans le sein virginal d'une petite jeune fille de Galilée, le Tout-Autre qu'aucune idole, aucun concept, aucun rite, aucun temple ne sauraient ni saisir ni enfermer, condescend jusqu'à l'homme.
Remarquons pour terminer qu'en nous faisant lire aujourd'hui, dans le premier Évangile, les récits de la fuite en Égypte, du massacre des Innocents, du retour d'Égypte et de l'établissement à Nazareth, l'Eglise concentre bien notre attention sur ce que nous avons essayé de formuler : " Prends l'enfant et sa mère ", dit par deux fois à joseph l'Ange du Seigneur. L'enfant est nommé avant la mère et la mère n'est jamais séparée de l'enfant. D'autre part, cette grande fête de Noël dont, à juste titre, nous faisons une fête de douce intimité familiale, de joie, de chaleur humaine, il ne faut point nous dissimuler qu'elle contient en germe le Vendredi saint : la venue en la chair pécheresse des hommes du Seul-Sans-Péché provoque le massacre des saints Innocents. Et l'Innocent par excellence, dès lors qu'il devient homme, ne pourra connaître la mort humaine (puisqu'il est venu pour cela : pour tout connaître de nous hormis le péché) que sous la forme de la mort violente et tragique. Il est totalement impensable que le Fils de Dieu fait homme puisse entrer dans la mort momifié par un cancer, asphyxié par une insuffisance respiratoire ou au terme d'une démence sénile. Ne faisons pas de Noël une fête sentimentale et mièvre. C'est une fête de très grande joie et toute gonflée d'espérance mais parce que la vie, en notre condition pécheresse et déchue, ne peut jamais jaillir que de la mort, cette joie et cette espérance doivent passer par la fournaise ardente du Vendredi saint. Et la toute jeune maman qui vient d'enfanter à Bethléem, un glaive va lui transpercer le cœur : " Siméon les bénit et dit à Marie sa mère : L'enfant que voici sera cause de chute et de relèvement pour un grand nombre en Israël et deviendra un signe qui sera contesté ; jusqu'en ton âme passera le tranchant de l'épée. Ainsi de bien des cœurs se dévoileront les pensées. " Père André Borrely in " Une saison en Orthodoxie " p.40-44, Ed. du Cerf Paris 1992)

Lundi 27 décembre 2004 : St protomartyr et archidiacre Etienne

Fête onomastique de Mgr Stephanos Métropolite de Tallinn et de toute l'Estonie

Epître : Ac 6, 8-7, 5, 46-60 ; Evangile : Mt 21, 33-42

HOMELIE

La fête de la Nativité du Seigneur, que nous venons de célébrer, était tout enveloppée d'une atmosphère de joie et d'allégresse. «Voici que je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple : aujourd'hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur, dans la ville de David» (Luc, 2,11), proclamaient les anges aux bergers. Cette joie est la nôtre en ce temps de l'année liturgique.

Le pressentiment de la Croix n'était cependant pas absent de la fête de Noël : le dénuement du Christ dans la crèche annonçait celui du Calvaire, la grotte de Noël évoquait déjà le sépulcre, et bientôt la persécution d'Hérode et le massacre des Innocents de Bethléem annoncera l'opposition d'un autre Hérode, aux jours de la Passion. Mais cette ombre de la Croix sur ce temps de Noël ne doit pas ternir notre joie. Comme nous le redisons chaque dimanche à l'office de l'Orthros, «c'est par la Croix que la joie s'est répandue dans le monde entier !»

Ce lien inséparable de la Croix et de la joie du Salut nous est rappelé par les deux fêtes que nous célébrons presque aussitôt après la Nativité du Seigneur : celle des saints enfants de Bethléem, auxquels je viens de faire allusion, et celle de saint Etienne, le premier martyr, qui nous rassemble aujourd'hui.

L'Eglise a voulu ainsi rapprocher de la naissance terrestre du Christ la naissance au ciel d'Etienne, qui fut par excellence le modèle du parfait disciple du Seigneur.

Cette ressemblance d'Etienne avec le Christ, sa parfaite conformité avec l'enseignement de l'Evangile, apparaît constamment à travers le récit de son martyre, tel qu'il nous est rapporté dans les Actes des Apôtres. Ce qu'Etienne enseignait dans son discours, c'était l'enseignement même de Jésus. Comme lui, il déclarait caduc le Temple et la Loi de Moïse parce que ce qu'ils préfiguraient avait reçu dans le Christ son accomplissement. Comme Jésus, Etienne fut conduit «hors de la ville» pour être mis à mort. Comme Jésus, il fut condamné sur la déposition de faux témoins. Comme le maître avait été traité, ainsi était traité le disciple. Et, reprenant les paroles mêmes de son Maître, Etienne pardonnait à ses bourreaux, tandis qu'il lui remettait son esprit : «Seigneur, reçois mon esprit... Seigneur, ne leur impute pas ce péché» (Act. 7,59-60). Mais la passion d'Etienne est déjà tout illuminée de la gloire de la Résurrection : «Tout rempli de l'Esprit-Saint, nous disent les Actes des Apôtres, il vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu» (Actes 7,55).

Toute l'Eglise, dès les premiers siècles, a considéré le martyre comme la perfection la plus élevée à laquelle puisse accéder un disciple du Christ. Saint Ignace le Théophore, évêque d'Antioche, l'un des plus glorieux martyrs de l'Eglise primitive, écrivait aux chrétiens de Rome, alors qu'il allait être livré aux bêtes dans l'amphithéâtre : «C'est alors que je serai vraiment disciple de Jésus-Christ, quand le monde ne verra même plus mon corps. Implorez le Christ, pour que, par le moyen des bêtes, je sois une victime offerte à Dieu... C'est maintenant que je commence à être un disciple... Il est bon pour moi de mourir pour m'unir au Christ Jésus, plus que de régner sur les extrémités de la terre. C'est lui que je cherche, qui est mort pour nous ; lui que je veux, qui est ressuscité pour nous. Mon enfantement approche ... »
Ces paroles brillantes auraient pu se trouver sur les lèvres d'Etienne, comme sur celles de tous les martyrs, car c'est le même feu de l'Esprit-Saint qui remplissait leur âme et les inspirait. Ces saints martyrs ne faisaient que mettre en pratique, jusque dans ses extrêmes conséquences, le précepte du Christ : «Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renonce, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive» (Marc 8,34).

Mais cet appel du Christ ne s'adressait pas seulement à ceux de ses disciples qui auraient à affronter la persécution et une mort sanglante pour lui demeurer fidèles. Tout chrétien est appelé, d'une manière ou d'une autre, à donner sa vie pour le Christ. Les martyrs sont des modèles pour chacun de nous.

Si nous ne sommes pas appelés à verser notre sang en une seule fois, nous devons chaque jour mourir à notre égoïsme, à notre amour de nos aises et de notre tranquillité, à notre esprit de domination, afin d'avoir une attitude d'humble amour et de service envers le prochain ; il nous fait accepter dans la patience les contrariétés et les épreuves qui nous viennent des autres ou des événements, pardonner les offenses, aimer ceux qui nous témoignent de l'hostilité ou qui nous nuisent en quelque façon que ce soit. S'efforcer de mettre tout cela en pratique pour suivre le commandement du Christ, c'est véritablement donner sa vie pour lui, et cela constitue un véritable martyre quotidien.

Les martyrs, cependant, savaient qu'ils n'étaient pas seuls dans le combat. Ils n'étaient pas abandonnés à leurs propres forces ; c'était le Christ qui vivait en eux, qui combattait en eux contre toutes les machinations du démon, qui les revêtait de sa force. Nous lisons dans les Actes d'un martyr des premiers siècles, saint Romain de Césarée, que, «par l'extrême fermeté avec laquelle il supportait les tortures, il faisait comprendre à tous les assistants que la puissance divine assiste tous ceux qui ont à souffrir pour la piété, atténue leurs douleurs et affermit leur courage».

Il en sera de même pour nous dans le «combat invisible» de notre martyre quotidien. Si nous plaçons toute notre confiance dans le Christ, et non dans nos propres forces, si nous prenons appui sur lui par une prière fervente, la force de son Saint-Esprit nous sera donnée. Chaque fois que le Seigneur permettra que nous subissions une épreuve, chaque fois que le combat contre nos tendances mauvaises se fera plus âpre et plus difficile, il sera à nos côtés pour nous réconforter, pour soutenir notre volonté, pour combattre avec nous. Nous pourrons dire avec le Psalmiste: «Même si je marche au milieu des ombres de la mort, je ne craindrai aucun mal, car tu es avec moi» (Psaume 22,4) ; «puisqu'il est à ma droite, je ne chancellerai pas» (Ps 15,8).

Ainsi, peu à peu, nous découvrirons nous aussi, comme les saints martyrs, que la joie jaillit de la Croix, que la Croix est déjà tout illuminée de l'éclat de la Résurrection. Saint Etienne, je l'ai rappelé tout à l'heure, vit au moment de son martyre les cieux ouverts et Jésus ressuscité à la droite de Dieu. Nous aussi, à certains moments de notre vie, à mesure que notre cœur se purifiera, d'une manière secrète, intime, nous percevrons cette présence auprès de nous, en notre cœur, du Seigneur ressuscité, qui nous entoure de sa miséricorde et de son amour, source d'une joie que nul ne pourra nous enlever.

A lui revient la gloire, dans les siècles des siècles.

+Archiprêtre Panayiotis SEMIYATOS recteur de la cathédrale orthodoxe grecque à Paris, vicaire général.

Mardi 28 décembre 2004 : les 20 000 martyrs brûlés à Nicomédie

Sts Martyrs : Epître : Ro 8, 3-9 ; Evangile : Lc 10, 19-21

Tropaire des Saints, ton 2

Annonce, Joseph, la bonne nouvelle à David, à l'ancêtre de Dieu les merveilles dont tu fus le témoin : sous tes yeux une Vierge a enfanté, avec les Mages tu t'es prosterné, avec les pâtres tu as rendu gloire au Seigneur et par l'Ange tu fus averti. Prie le Christ notre Dieu de sauver nos âmes.

Mercredi 29 décembre 2004

les 14 000 enfants innocents massacrés à Bethléem sur l'ordre d'Hérode

usage grec : Epître : Hb 2, 11-18 ; Evangile : Mt 2, 13-23

usage slave : Epître : 2Co 5, 15-21; Evangile : Mt 2, 13-23

http://www.orthodoxa.org/FR/orthodoxie/calendrier/nouvelanecclesial2004.htm

 

Par GURSOY Dursun - Publié dans : Calendrier de la paroisse
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Mercredi 24 novembre 2004 3 24 /11 /Nov /2004 00:00
Mercredi 24 novembre
Les FÊTES DU JOUR

St Chrysogone
Ste Firmine
Ste Flore ou Flora, martyre
St Jean de la Croix
St Marin, solitaire
St Portien
St Pourçain
avec E-PRENOMS.com

Par GURSOY Dursun - Publié dans : Calendrier de la paroisse
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Mercredi 24 novembre 2004 3 24 /11 /Nov /2004 00:00

Comme beaucoup d'autres paroisses orthodoxes en Europe Occidentelle , la proisse saint-nicolas de lille tient son oprigine dans la diaspora russe de l'aprês-révolution bolchevique de 1917 . C'est en effet la rencontre d'un groupe d'étudiants russes et d'émigrés vivants à lille , désireux de vivre selon leur foi orthodoxe , qui scelle la création de l'association Cultuelle Orthodoxe Russe de Nord de la France , déclarée selon la loi française à la prefecture de lille le 25 septembre 1925 . Son but : " assurer l'exercice du culte rigoureusement conforme au rite gréco-ruse " . Son premier siége social sera au 43 rue National à Tourcoing . Parmi les membres fondateurs il faut noter les noms du Pére Dimitri Soboleff , et Monsieurs André Ostrikoff et Nicolas Aladjidi lequle jouera un rôle fédératuer et social de premier plan pendant de longues années : devenu en effet ingénieur dans une grosse entreprise de constructions et de travaux publics à lille , il permettra à de nombreux immigrés russes et grecs de trouver travail et logement dans la région . Au départ du pére Dimitri Soboleff le 22 juin 1926 , succéde l'arrivée à lille , comme prêtre résident du pére jean Popoff et cela jusqu'en 1934 qui voit l'arrivée pour une période beaucoup plus longue du pére Paul Pouchalski , lequel assurera sa fonction de recteur jusqu'en 1951 . Mais il faut savoir que d'autres communautés d'immigrés russes avaient trouvé travail et logement dans le Département du Nord de la France , alors fortement industrialisé ( textile et mines de charbon ) , et que pas moins de 4 paroisses ont aussi permis la vie liturgique et sacrementale pendant de nombreuses années : En effet , d'un questionnaire de type recencement renvoyé à l'Administration Diocésaine de la rue Daru à Paris et daté de 1935 , on trouve les précision suivantes : - à Tourcoing , existait une paroisse orthodoxe dédiée à st-georgeos qui accuellait 60 fidéles . Elle célébrait dans un local prété par l'Eglise réformé au Temple protestant , rue du Haze . Il faut à ce sujet noter que les protestant ont joués un rôle d'accueil non négligeable face aux besions liturgiques de nos communautés d'alors . - à Valenciennes , existaient 2 paroisses , l'une à Valenciennes - même qui regroupait 40 fidéles , l'autre à Blanc-Misseron ( à la frontiére Belge ) , avec 25 fidéles : cette paroisse est dédiée aux saints apôtres Pierre et Paul . _ Enfin , prés de Douai , à Hautement , une autre communauté paroissielle comptait 30 fidéles . Ce même questionnaire nous apprend que chacune de ces paroisses possedait son iconostase , et que c'est le prêtre de lille qui assurait les services religieux par rotation . Quant à la paroisse st-nicolas de lille , elle aussi avait été accueilli pendant onze année dans des locaux de l'eglise réformée de Fives-lille ( pasteur Nick ) , situés à la " maison du peuple " rue pierre legrand . Elle comptait à cette même année 1935 , 161 fidéles , ( 117 hommes , 29 femmes et 15 enfants ) . Ce qui avec les autres paroisses totalisait 316 personnes pour département du Nord . On note également l'existence de deux " écoles russes " , chez les particuliers , à lille et à Turcoing qui enseignaient aux enfants de la paroisse la cathéchese et la langue russe . Par ailleurs , une communauté grec importante vivait également sur lille et ses environs à cette même époque et les liturgies orthodoxes étaient célébrées en commun à la paroisse st-nicolas : duex choeurs , l'un grec et l'autre russe assuraient le chant choral des offices . Parfois des prêtres grecs venaient célébrer à lille selon le typicon grec . Ce n'est que beaucoup plus tard ( début des années 1950 ) que la paroisse grec aura un lieu de culte qui lui est propre dans le vieux lille , au 108 rue princesse et dédiée au st-Apôtre Paul . les deux communautés ont cependant gardés des contacts fraternels se retrouvant pour des liturgies communes à l'occassion de leur fêtes patronales , par exemple . l'année 1936 marque une étape importante pour la paroisse st-nicolas : en effet eglise réformée ayant besoin besoin de récupérer son local de Fives , une parcelle de terrain de 350M2 peut être achetée grâce à un auto-financement et à des dons de paroissiens , au 3bis rue Necker à lille _ Fives . L'eglise paroissielle y est construite la même année , le siege social de l'association cultuelle y est transféré et c'est cette même Eglise qui abrite encore aujourd'hui notre communauté paroissielle . Il faut noter qu'à cette même époque les plans prévoyaient la construction en plus de l'Eglise d'une Maison paroissielle . C'est pour cela que l'Eglise a été bâtie en fond de terrain , le front-à-rue devant recevoir la maison paroissielle . Ce projet , dont il sera question jusqu'en 1956 ne verra malheureusement le jour et seule L'Eglise a été érigée sur le terrain .

FIN DE LA 1 er PARTIE ( Travail effectué sur les archives de la paroisse par Madame Valentine Kuchto et le pére jean maquart )

NB : l'analyse des archives étant encore en cours , les informations contenues dans ce document sont susceptible de modifications et de rajouts .

Fait à lille le 06.12.2002 A bientôt !
 

 

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Mercredi 24 novembre 2004 3 24 /11 /Nov /2004 00:00

                                                                        
UNE PETITE HISTOIRE DE L ` EGLISE ORTHODOXE ST-NICOLAS DE LILLE :
 
 

Eglise Orthodoxe du Patriarcat Oecuménique Paroisse St-Nicolas 3Bis Rue Necker

59800 LILLE .

Tel : 03 20 47 52 48

Notre Paroisse saint-Nicolas est sous l'omophore de S. Em. Mgr GABRIEL DE COMANE ,

Archevêque des Eglises Orthodoxes Russes en Europe Occidentale et

Exarque du Patriarcat Oecuménique de Constantinople ,

sint Maartenslaan , 37 , Nl-6221 Maastricht . Tel : 00-31-321.14.61

 

Notre recteur : Archiprêtre Nicolas OZOLINE

93 , rue de crimée 75019 PARIS Tel : 01.42.06.23.80

 

Desservant : Prêtre Jean MAQUART

108 , rue du Commandement Bayart

59242 GENECH

Tel : 03.20.79.41.45

le présent site sera destiné à publier les actualités des paroisses du Vicariat pour la Belgique et

le Nord de la France .

Paroisse st-panthéleimon et nicolas Eglise :

47 , rue demot 1040 BRUXELLES ( ETTERBEEK ) Desservant : Hiéromoine Prokhore ( spasky )

44 , rue Général lotz , boîte 1 1180, Bruxelles ( uccle ) tel : 02-344.06.94

 

Paroisse de la st-trinité et des st-come et damien Eglise : 26 , rue paul spaak 1050 BRUXELLES Recteur :

Prêtre Théophile Pelgrims Mechhelsesteenweg 418 1800 Vilvoorde . Te : 0476-62.33.01

Diacres : Protodiacre Paul lviolette Rue Beckers , 5 1040 BRUXELLES

Tel : 02-648.40.91 Diacre Vassili Orekhoff Rue Ménil 123 1420 Braine l'Alleud Te: 02-348.14.14
 

 

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Le saint-protecteur de notre paroisse est fêté le 6 décembre, mémoire de notre Père dans les Saints, NICOLAS, Archevêque de MYRE, le Thaumaturge

Emule des Apôtres et fervent imitateur de notre Seigneur JésusChrist, colonne vivante de l'Eglise par son zèle à défendre la foi et modèle des Saints Hiérarques par son soin pastoral, notre Saint Père Nicolas s'est montré généreux intendant de la grâce de Dieu par ses innombrables miracles en faveur des pauvres, des délaissés, de ceux qui souffrent l'injustice et de tous ceux qui, jusqu'à aujourd'hui, réclament sa paternelle protection. Il vit le jour dans la ville de Patare, en Lycie, vers la fin du troisième siècle, dans une famille chrétienne longtemps privée de progéniture. Dès sa plus tendre enfance, il montra son amour pour la vertu et son zèle dans l'observances des institutions de l'Eglise, en s'abstenant de prendre le sein de sa nourrice jusqu'au soir, chaque mercredi et vendredi. Pieux et réservé, il fut éduqué dans les lettres sacrées et, tout jeune encore, fut ordonné Prêtre par son oncle, l'Archevêque Nicolas. Veilles, jeûnes, prières étaient des vertus dans lesquelles le jeune Clerc excellait depuis longtemps; mais, lorsqu'à la mort de ses parents il distribua généreusement ses biens aux nécessiteux, l'aumône devint pour lui son plus grand titre de gloire devant Dieu. Il se considérait comme le simple économe des biens qui appartenaient aux pauvres, et mettait un soin tout particulier à garder secrètes ses bonnes actions afin de ne pas être privé des récompenses célestes (cf. Mat. 6:3). C'est ainsi qu'il sauva de l'infamie trois jeunes filles que leur père, acculé par les dettes, voulait livrer à la prostitution, en déposant secrètement, à trois reprises, suffisamment d'or pour les marier. Finalement découvert par leur père, Nicolas fit promettre à celui-ci, sous peine d'éternelle malédiction, de ne révéler à personne son bienfait.

En retour, Dieu le fit briller devant les hommes par ses charismes et ses Miracles. En route pour un pèlerinage aux Lieux Saints, il apaisa à deux reprises, par sa prière, la tempête qui mettait en péril le navire sur lequel il s'était embarqué.

A son retour, au milieu de l'allégresse populaire, il fut bientôt désigné comme Evêque de la ville voisine de Myre, à la suite de l'intervention d'un Ange de Dieu auprès des Evêques réunis en synode pour l'élection. Mis en prison pendant la grande et dernière persécution de Dioclétien et Maximien (305), le saint pasteur ne cessait pas de confirmer ses brebis spirituelles dans la foi; et, la paix de l'Eglise ayant été proclamée lors de l'avènement de Constantin, il montra un zèle ardent pour détruire les temples des idoles et en chasser les démons. L'hérésie impie dArius ne tarda pas cependant à troubler et à diviser le Saint Corps du Christ, mais elle trouva encore Saint Nicolas au premier rang des champions de l'Orthodoxie, parmi les Pères réunis pour le premier Concile OEcuménique de Nicée, en 325.

Après avoir sauvé la ville de Myre de la famine, en apparaissant au capitaine d'un bateau chargé de blé, cet homme de Dieu sauva de la mort trois officiers romains, injustement accusés de complot, en apparaissant en songe à l'empereur Constantin et au perfide préfet Avlavius. Une fois délivrés, les trois militaires, pleins de reconnaissance envers le Saint, devinrent moines.

Encore à de nombreuses reprises, tant pendant sa vie qu'après sa mort, Saint Nicolas est miraculeusement intervenu pour protéger des navires en détresse et ceux qui voyagent par mer, cest pourquoi on le vénère comme le protecteur des navigateurs. C'est ainsi qu'il apparut un jour à la barre d'un navire en perdition dans une tempête et le conduisit à bon port, au qu'une autre fois, il vint au secours d'un voyageur passé par-dessus bord et qui, au cri de: «Saint Nicolas, viens à mon secours!», se retrouva soudain dans sa demeure entouré des siens ébahis.

Pendant de longues années le Saint Evêque fut pour ses fidèles comme une présence du Christ, l'Ami des hommes et le Bon Pasteur, il n'y avait pas de malheur auquel il ne compatît, pas d'injustice qu'il ne redressât, pas de discorde qu'il n'apaisât. Il se distinguait partout où il se trouvait par son visage lumineux et l'atmosphère de paix radieuse qui se dégageait de sa personne. Lorsqu'après tant de bienfaits, il s'endormit dans la mort pour gagner le Royaume des cieux, les hommes se lamentèrent d'avoir perdu leur pasteur et leur providence, mais les Anges et les Saints exultèrent de joie en recevant parmi eux le doux Nicolas. Ses Saintes Reliques furent déposées à Myre, dans une église construite en l'honneur du Saint, et recevaient chaque année l'hommage d'un grand nombre de pèlerins. Le diable, ne pouvant supporter cette gloire posthume, prit un jour la forme d'une pauvre vieille femme qui, sous prétexte de ne pouvoir entreprendre une si longue traversée, confia à des pèlerins en partance pour Myre une jarre d'huile destinée à alimenter les veilleuses qui brûlaient perpétuellement devant le tombeau du Saint; mais, en chemin, Nicolas apparut au capitaine du navire et lui donna l'ordre de jeter cette huile magique à la mer. Aussitôt fait, la surface des eaux s'embrasa dans un grand remous, à l'effroi des passagers qui rendirent grâce à Dieu d'avoir, par l'intermédiaire de son Saint, sauvé le Sanctuaire.

En 1087, Myre étant tombée sous le pouvoir des Sarrasins, les troupes italo-normandes de la Première Croisade s'emparèrent des Saints ossements et les transférèrent à Bari, en Italie du sud, en provoquant un grand nombre de Miracles partout où elles passaient (commémoration le 9 mai). C'est là que, depuis, elles sont vénérées.

Saint Nicolas est, avec Saint Georges, l'un des Saints les plus chers au peuple chrétien, tant en Orient qu'en Occident. Innombrables sont les églises qui lui sont consacrées, les fidèles ou les lieux qui ont pris son nom. Particulièrement révéré par le peuple russe comme protecteur des récoltes, il est considéré en Occident comme le patron des enfants et des écoliers, car, selon la légende, il aurait ressuscité trois enfants hachés menu par un cruel boucher qui voulait les mêler à son pâté.

 

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croix russe: icône de la Crucifixion du Seigneur
Iconographie de la crucifixion:

On remarque au premier regard, que cette croix est russe, en raison de la barre transversale inférieure très inclinée. Cette inclinaison est là pour nous rappeler que
"la Croix est balance de justice", comme le précisent les textes liturgiques.

Au sommet, est généralement représenté, soit Dieu le Père (une des seules icônes où sa représentation est permise), soit
le Christ Mandylion
, sur lequel est imprimée la Sainte Face.
La scène est également généralement surmontée d'anges ou de chérubins, les mains voilées en signe de respect, êtres angéliques chargés d'élever vers Dieu l'hymne sacré.

Le Christ est fixé sur la Croix par quatre clous (et non trois, ainsi qu'il est presque toujours représenté sur les croix occidentales)
L'inscription signifie "Roi de gloire".
Le Christ incline sa tête auréolée de lumière. Les lettres grecques sur le nimbe signifient "Celui qui est"
Son corps est légèrement penché vers la droite, mais respectant la tradition byzantine, les croix orthodoxes de la Crucifixion ne représentent pas le Christ dans les souffrances de l'agonie ou avec les marques de la Passion.

Le Christ présente toujours sur les croix orthodoxes une noblesse royale: il est la victime volontaire, le Vainqueur qui s'est offert pour nous à son Père

Deux roseaux terminés, l'un par une pointe, l'autre par une éponge, s'élèvent le long de la partie verticale de la Croix et nous rappellent les derniers moments de la Passion.

Sur la partie inférieure de la Croix, (ou sur la barre inférieure de la Croix), est représentée l'ancienne Jérusalem déchue, avec le voile du Temple déchiré; à l'opposé s'élève la Jérusalem nouvelle.

Au pied de la Croix, à l'endroit où la croix s'enfonce dans le sol, on aperçoit le crâne traditionnellement considéré comme celui d'Adam, et qui symbolise l'humanité déchue par le péché et rachetée par le sacrifice du Christ.
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